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À l’initiative de Bangui Invest, avec l’appui de la Fédération des Associations des Femmes Entrepreneures de Centrafrique FAFECA, la première rencontre des acteurs de la filière Cacao s’est ouverte mardi 14 juillet à l’hôtel Ledger Plaza de Bangui. Pendant plusieurs jours, producteurs, experts, autorités publiques et partenaires techniques réfléchissent aux mécanismes susceptibles de moderniser le secteur, de renforcer la transformation locale et d’améliorer durablement les revenus des cacaoculteurs.

Cette rencontre réunit des producteurs venus des préfectures de la Mambéré, de la Kémo, de l’Ombella-M’Poko et de la Lobaye, principales zones de production du cacao en République centrafricaine. L’objectif est de créer un cadre de dialogue permettant aux acteurs de terrain d’exprimer les difficultés auxquelles ils sont confrontés et d’identifier des solutions concrètes pour relancer cette filière à fort potentiel.

Au cœur des échanges figure la transformation locale du cacao, considérée comme un levier essentiel de création de valeur. Jusqu’à présent, une grande partie de la production est commercialisée sous forme de fèves brutes, limitant les retombées économiques pour les producteurs. En développant la transformation sur le territoire national, notamment la fabrication de chocolat et d’autres produits dérivés, les autorités ambitionnent de créer davantage d’emplois, de stimuler l’entrepreneuriat local et de renforcer la compétitivité de la filière.

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Pour accompagner cette dynamique, l’experte française en transformation du cacao, Corinne Maeght, est arrivée à Bangui le 11 juillet 2026. Sa mission consiste à partager son expertise avec les producteurs, à renforcer leurs capacités techniques et à les sensibiliser aux opportunités économiques qu’offre la transformation locale : « Le cacao ne doit plus être considéré uniquement comme une matière première destinée à l’exportation. En le transformant localement, les producteurs peuvent créer davantage de richesse, diversifier leurs revenus et développer un véritable savoir-faire industriel. La République centrafricaine dispose d’un potentiel réel pour y parvenir », a expliqué Corinne Maeght.

Du 13 au 18 juillet, plusieurs ateliers techniques, rencontres professionnelles et sessions de partage d’expériences sont organisés sous la coordination de Corinne Maeght et de Christian Gomina-Pampali. Les travaux portent notamment sur les bonnes pratiques culturales, la préservation des plantations, les techniques de transformation du cacao en chocolat ainsi que sur les stratégies de structuration de la filière.

Pour le coordonnateur de Bangui Invest, cette rencontre constitue un point de départ vers une nouvelle vision du développement du cacao en République centrafricaine : « Nous avons voulu réunir tous les acteurs de la chaîne de valeur afin que les producteurs puissent exprimer librement leurs difficultés. Notre ambition est de bâtir une filière mieux organisée, plus performante et capable de transformer localement une part importante de sa production. C’est à cette condition que le cacao contribuera pleinement à la croissance économique du pays », a déclaré Christian Gomina-Pampali.

La cérémonie officielle d’ouverture des travaux s’est déroulée en présence du ministre des Petites et Moyennes Entreprises et de la Promotion du Secteur privé, Hyppolite Jean Paul Ngate-Robard. Y ont également pris part la représentante d’ONU Femmes en République centrafricaine, Rachelle Anne-Marie Djangone-Mian, ainsi que la présidente de la Fédération des Associations des Femmes Entrepreneures de Centrafrique (FAFECA), Portia Deya-Abazene, témoignant de l’engagement des pouvoirs publics et de leurs partenaires en faveur du développement de cette filière.

Dans son intervention, le ministre a réaffirmé la volonté du Gouvernement de soutenir les initiatives favorisant la transformation locale des produits agricoles : « La vision du Gouvernement est claire : nous voulons accompagner les filières porteuses afin qu’elles créent davantage de valeur ajoutée sur notre territoire. La transformation locale du cacao représente une opportunité de création d’emplois, de développement des PME et d’amélioration des revenus des communautés rurales ».

image cacao pannel avec le ministre

Malgré ses importantes potentialités, la filière cacao centrafricaine demeure confrontée à de nombreux défis, notamment le manque d’investissements, l’insuffisance d’équipements modernes, la faiblesse des infrastructures de transformation et les difficultés d’accès aux marchés.

Pour Jean Menassé, producteur de cacao, le développement de la filière passe avant tout par un meilleur accompagnement des exploitants : « Nous produisons du cacao avec beaucoup d’efforts, mais nous manquons de matériel, de formations et de débouchés. Si nous bénéficions d’un meilleur accompagnement et de moyens adaptés, nous pourrons augmenter notre production et fournir un cacao de meilleure qualité. La transformation sur place est une chance pour nous, car elle permettra aux producteurs de mieux vivre de leur travail », a-t-il témoigné.

En misant sur la transformation locale, la République centrafricaine espère non seulement augmenter la valeur ajoutée de sa production, mais aussi faire du cacao un véritable moteur de développement économique, de création d’emplois et d’amélioration durable des conditions de vie des producteurs.

Tania KALOU

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