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L’École Catholique Associée de Centrafrique (ECAC) a officiellement ouvert, lundi 16 février 2026 à Bangui, ses États généraux marquant 30 ans d’engagement dans le système éducatif de la RCA. Placées sous le thème « Éduquer : un appel à innover, servir et transformer », ces assises nationales se poursuivront jusqu’au 21 février 2026.

La cérémonie de lancement a été présidée par le ministre d’État à l’Éducation nationale, Simplice Aurelien ZINGAS, en présence du Cardinal Dieudonné NZAPALAINGA, archevêque métropolitain de Bangui, ainsi que de plusieurs évêques du pays, dont le président de la (CECA).

Dans son intervention, Monseigneur Cyr Nestor Désiré Nongo-Azagbia, président de la commission éducative à la CECA, a rappelé l’objectif central de ces travaux : « Nous sommes ici pour repenser les stratégies éducatives de l’enseignement catholique et mettre l’accent sur l’innovation, le service et la transformation au bénéfice des apprenants. »

Il a souligné que ces États généraux constituent un moment d’évaluation approfondie du système d’enseignement catholique associé, mais aussi une opportunité de renforcer son rôle dans la formation intégrale de la jeunesse centrafricaine.

Une « refondation » selon le gouvernement

Prenant la parole à son tour, le ministre d’État à l’Éducation nationale, Aurélien Simplice Zingas Kongbelet, a qualifié ces assises de : « moment de refondation pour l’Église catholique dans le domaine de l’enseignement ».

Il a insisté sur la nécessité de consolider le partenariat entre l’État et l’Église catholique afin de promouvoir une société plus inclusive et pacifique, à travers une éducation de qualité accessible au plus grand nombre.

La rétrocession des écoles au cœur des débats

Parmi les dossiers sensibles abordés figure la question de la rétrocession des écoles catholiques saisies par l’État à la suite de la loi d’unification de 1962.

Sur ce point, Monseigneur Cyr Nestor Désiré Nongo-Azagbia a tenu à clarifier la position de l’Église : « Il ne s’agit pas d’une demande, mais d’une logique de recevabilité. L’État avait pris possession des écoles catholiques et une attente avait eu lieu de rétrocéder progressivement. Que l’Etat tienne ses engagements »

Selon lui, la démarche actuelle s’inscrit dans la continuité d’un processus historique qui mérite d’être réexaminé dans un esprit de dialogue et de justice.

Qualité reconnue, frais contestés

Si de nombreuses familles centrafricaines saluent la qualité de l’enseignement dispensé par les établissements catholiques associés, la hausse régulière des frais de scolarité suscite des interrogations.

Interrogé sur cette problématique, Monseigneur Cyr Nestor Désiré Nongo-Azagbia a expliqué : « Je le dis, c’est une histoire de justice. Nous accueillons des enfants, mais ces enfants-là doivent être accompagnés par des éducateurs, des formateurs. Le cadre, l’environnement de cette éducation, les établissements, l’équipement et autres, ça a besoin d’argent. »

Il a rappelé que, malgré l’existence d’une convention de partenariat avec l’État centrafricain : « L’argent ne vient pas de l’État », soulignant que l’Église catholique assume seule les charges financières liées aux infrastructures et à la rémunération des enseignants.

Pour le président de la commission éducative de la CECA, la question des frais scolaires relève d’un équilibre délicat : « Si on veut mettre les infrastructures à niveau pour accueillir les enfants dans des conditions décentes, et si on veut être juste envers les enseignants, il faudrait voir. Ou bien, on n’équilibre pas. »

Un tournant après 30 ans d’existence

Trois décennies après la structuration de l’École Catholique Associée en Centrafique, ces États généraux apparaissent comme un moment charnière. Ils visent à définir des orientations stratégiques durables, conciliant innovation pédagogique, justice sociale et accessibilité financière.

À Bangui, l’ensemble des acteurs autorités ecclésiastiques, représentants de l’État, responsables éducatifs et partenaires entendent ainsi poser les bases d’une transformation en profondeur du modèle éducatif catholique associé, dans un contexte national marqué par de multiples défis sociaux et économiques.

Bélisaire Dorval Sahoul

Une réflexion sur “ Centrafrique : l’École Catholique Associée ouvre ses États généraux à Bangui, entre refondation éducative et débat sur la rétrocession des écoles ”

  1. Nous tous nous connaissons la valeur et la potentialité de ECAC. Mais ce que nous demandons est de revoir un peu le prix. Nous sommes conscient des efforces que l’Église fournie. La situation du pays ne nous permet.

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