Le drame survenu le 18 août sur le site minier artisanal d’or de « Moscou », au village Zamboye, à une cinquantaine de kilomètres de Baboua, dans la préfecture de la Nana-Mambéré, continue de susciter des réactions. Après une mission d’urgence sur place, le ministre des Mines et de la Géologie, Ruffin Benam Beltoungou, est revenu sur les circonstances de l’éboulement qui a fait officiellement 49 morts, et a annoncé la fermeture temporaire du site.

L’incident s’est produit aux environs de 12 heures, lorsqu’un éboulement de terrain a enseveli plusieurs orpailleurs qui se trouvaient sur le site d’exploitation.
Un site qui avait pourtant été fermé pour raisons de sécurité
Selon les explications données par le ministre des Mines, le drame serait intervenu alors que les activités sur le site avaient déjà été suspendues en raison des risques liés à l’état des installations : « Selon les explications que nous avons eues auprès de la population et du propriétaire de ce site, M. Aliou, ce dernier avait déjà arrêté les travaux au sein de ce site, car il ne répondait plus aux normes sécuritaires. Il aurait même barricadé les alentours du site minier pour procéder à sa réhabilitation avant la reprise des travaux », a expliqué Ruffin Benam Beltoungou.
Malgré ces mesures, certains exploitants auraient forcé les barrières installées autour du site afin de reprendre leurs activités : « Grande a été sa surprise de voir que les exploitants miniers ont forcé la barrière pour ainsi reprendre les travaux d’une manière illégale, et ce malgré l’intervention des forces de police ainsi que des Forces armées centrafricaines présentes sur place », a déclaré le ministre.
Pour le département des Mines, cette reprise clandestine des activités aurait ainsi placé les autorités devant le fait accompli, alors que les risques liés à la stabilité du terrain avaient déjà été identifiés.

Le site fermé jusqu’à nouvel ordre
À la suite de cette mission, le ministre des Mines et de la Géologie a annoncé des mesures visant à empêcher toute reprise des activités minières illégales sur le site. Le site de Zamboye sera ainsi fermé temporairement jusqu’à nouvel ordre, tandis que des mesures contraignantes doivent être prises contre les exploitations qui ne respectent pas les dispositions réglementaires et les normes de sécurité.
Cette décision intervient dans un contexte où le gouvernement centrafricain cherche à renforcer le contrôle des activités d’exploitation minière artisanale et à limiter les risques liés aux pratiques clandestines.
Le site minier de Zamboye compte de nombreux exploitants originaires de plusieurs pays de la sous-région, notamment du Cameroun, du Tchad et de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Selon le bilan officiel communiqué par le ministre des Mines et de la Géologie, l’éboulement a fait 49 morts, parmi lesquels 12 ressortissants camerounais et deux ressortissants tchadiens.
Ce drame relance ainsi la question de la sécurité dans les sites d’exploitation minière artisanale en République centrafricaine, mais également celle du respect des décisions de suspension et des mesures de sécurisation prises par les autorités compétentes.
El Rey Misterio
