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La Banque mondiale a présenté le 2 juillet à Bangui, en collaboration avec le gouvernement centrafricain, les conclusions de la Revue des finances publiques (Public Finance Review), un document d’analyse destiné à orienter les futures réformes budgétaires du pays. Organisé sous le thème « Renforcer la transparence, la visibilité et l’efficacité du secteur public », l’atelier de restitution a réuni des représentants de l’administration publique, des partenaires techniques et financiers ainsi que des organisations de la société civile.

Cette rencontre a permis de dresser un état des lieux des finances publiques nationales et d’identifier les principaux leviers susceptibles d’améliorer la gouvernance budgétaire. Malgré un potentiel économique considérable, notamment dans les secteurs minier, forestier et des télécommunications, la République centrafricaine demeure fortement dépendante des financements extérieurs pour assurer son fonctionnement et financer son développement.

Un diagnostic mettant en évidence des fragilités structurelles

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Présent à Bangui à cette occasion, le directeur des opérations de la Banque mondiale pour l’Afrique centrale, Cheick Fantamady Kanté, a salué les avancées institutionnelles enregistrées ces derniers mois, notamment l’organisation des élections groupées et le lancement du nouveau Plan national de développement (PND). Selon lui, ces acquis créent un contexte favorable à l’engagement de réformes économiques ambitieuses.

Le responsable de la Banque mondiale a expliqué que cette revue constitue un diagnostic approfondi du système de gestion des finances publiques et propose un ensemble de réformes adaptées aux réalités du pays afin d’améliorer la transparence, la soutenabilité budgétaire et l’efficacité de l’action publique : « Chaque pays fait face à ses propres défis. Les progrès réalisés par la République centrafricaine méritent d’être reconnus. L’organisation des élections groupées et le lancement récent du Plan national de développement constituent des étapes importantes. C’est dans cette dynamique que s’inscrit la présentation de cette revue, élaborée en étroite collaboration avec les autorités nationales », a déclaré Cheick Fantamady Kanté.

Des recettes nationales encore insuffisantes

L’étude révèle que les recettes intérieures de la République centrafricaine restent inférieures à 10 % du produit intérieur brut, alors que les besoins minimums pour assurer les missions essentielles de l’État représentent au moins 12 % du PIB.

Selon les données présentées, les ressources provenant des partenaires internationaux représentent près de 43,5 % des recettes publiques et financent plus de 84 % des investissements réalisés par l’État au cours des dernières années.

Le responsable de la Banque mondiale a toutefois précisé que cette situation s’explique par le contexte particulier traversé par le pays, tout en estimant qu’une telle dépendance ne peut constituer une stratégie durable de développement.

Mieux valoriser les ressources nationales

La Banque mondiale estime que la République centrafricaine dispose d’importantes ressources naturelles dont les retombées fiscales restent largement sous-exploitées : « Les secteurs minier, forestier, des télécommunications et plusieurs autres disposent d’un potentiel considérable. Pourtant, l’État ne perçoit aujourd’hui qu’une faible part des revenus auxquels il pourrait légitimement prétendre. Cette situation n’est pas irréversible ».

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Selon lui, la Revue des finances publiques ne doit pas être considérée comme un simple rapport administratif, mais comme une véritable feuille de route destinée à accompagner les autorités dans la conduite des réformes.

Trois priorités identifiées

La Banque mondiale recommande de concentrer les efforts sur trois axes majeurs.

Le premier consiste à accroître la mobilisation des ressources nationales à travers le renforcement des administrations fiscale et douanière, la numérisation des procédures de collecte et une meilleure taxation des secteurs extractifs et forestiers.

La deuxième priorité vise à améliorer la qualité des dépenses publiques : « Mobiliser davantage de recettes n’a de sens que si chaque franc CFA investi produit un résultat concret. L’efficacité des dépenses n’est pas un privilège réservé aux économies développées ; elle constitue une nécessité pour les pays disposant de ressources limitées ».

Enfin, la troisième priorité concerne l’amélioration de la coordination entre les partenaires techniques et financiers afin que leur soutien soit davantage aligné sur les priorités définies par les autorités nationales.

Le gouvernement réaffirme sa volonté de poursuivre les réformes

Intervenant au nom du ministre des Finances et du Budget, en mission, le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, Marc Mandaba, a reconnu les difficultés mises en évidence par cette revue.

Il a rappelé que les recettes intérieures demeurent inférieures à 10 % du PIB tandis que les dépenses courantes nécessitent au moins 12 % du PIB. Il a également souligné que la masse salariale représente plus de 70 % des recettes intérieures sur la période 2022-2023, réduisant considérablement les capacités d’investissement de l’État.

Le ministre a rappelé que plus de 80 % des investissements publics ont été financés par l’aide extérieure entre 2016 et 2021, avec une aide publique au développement dépassant 100 dollars par habitant et par an depuis le début de la crise sécuritaire.

L’objectif est de porter les recettes intérieures de 10 % à 12 % du PIB à court et moyen terme, puis d’atteindre 15 % du PIB à plus long terme afin de financer durablement les dépenses courantes et les besoins liés à la sécurité.

Pour y parvenir, les autorités prévoient notamment d’élargir l’assiette fiscale, d’améliorer le recouvrement des arriérés, de renforcer la fiscalité dans les secteurs forestier et minier, de revoir la tarification des carburants, d’exploiter davantage le potentiel du secteur des télécommunications et de développer progressivement la fiscalité foncière.

Le gouvernement entend également accélérer la modernisation de l’administration fiscale et douanière grâce à la numérisation des procédures, à la généralisation des paiements électroniques, à une meilleure gestion des exonérations fiscales et au renforcement des capacités des agents.

Les résultats de cette revue ont été présentés en présence du Premier ministre Félix Moloua, ainsi que de plusieurs membres du gouvernement, notamment le ministre d’État chargé de l’Éducation nationale, Aurélien Simplice Kongbelet Zingas, et le ministre des Mines et de la Géologie, Rufin Benam Beltoungou, qui ont également apporté leurs observations au cours des échanges.

La Rédaction

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