À l’occasion de la Journée de l’Enfant africain, célébrée chaque année le 16 juin, le Mouvement Agir Tous pour la Dignité (ATD Quart Monde) a organisé une conférence de presse à Bangui afin d’alerter l’opinion publique et les autorités sur les conditions de vie précaires des enfants en République centrafricaine, en particulier ceux vivant dans l’extrême pauvreté.
Réunis au siège de l’organisation, des enfants issus des quartiers de Walingba, Koula-Mandja sur la route de Damara, Danzi sur la route de Boali, Kokoro Boeing, de l’île Mbongossoua ainsi que de la Fondation Voix du Cœur ont exprimé leurs préoccupations face aux difficultés quotidiennes auxquelles ils sont confrontés.
Parmi les principaux défis évoqués figurent le manque d’accès à l’eau potable, l’insuffisance des infrastructures d’assainissement et les conditions d’hygiène inadéquates.
Selon les enfants participants, ces difficultés contribuent à maintenir et à aggraver la précarité de leur situation : « Nous voulons vivre dans un environnement sain, avoir accès à l’eau potable et bénéficier des mêmes droits que tous les autres enfants », ont-ils déclaré.

Pour Mlle Maguita Kongo, représentante du Parlement Tapori, structure qui accompagne les enfants vivant dans l’extrême pauvreté, cette mobilisation vise à interpeller les pouvoirs publics sur l’urgence d’agir : « Notre combat consiste à attirer l’attention des autorités sur les difficultés que rencontrent les enfants afin que des solutions concrètes et durables soient mises en œuvre ».
Interrogée sur la signification de la Journée de l’Enfant africain, Prefina Bayo a rappelé l’origine de cette commémoration : « Cette journée rend hommage aux enfants de Soweto, en Afrique du Sud, qui, le 16 juin 1976, ont manifesté pour revendiquer leur droit à une éducation de qualité. Instituée par l’Union africaine, la Journée de l’Enfant africain est également une occasion de sensibiliser les gouvernements et les partenaires au développement aux défis auxquels sont confrontés les enfants sur le continent ».
En République centrafricaine, de nombreux enfants continuent de vivre dans des conditions d’extrême pauvreté, une situation aggravée par les crises politiques et sécuritaires successives qu’a connues le pays.
Malgré des ressources financières limitées, ATD Quart Monde poursuit ses actions auprès des populations les plus vulnérables, fidèle à la vision de son fondateur, le père Joseph Wresinski qui dit je cite : « Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré », fin de citation.
À travers cette initiative, le mouvement espère renforcer la mobilisation des autorités, des partenaires et de la société civile afin de garantir à chaque enfant centrafricain l’accès à ses droits fondamentaux.
Marius SEMBOLI
