La République centrafricaine, en partenariat avec l’Union africaine, a organisé son tout premier Forum national des jeunes sur l’agriculture. L’événement a rassemblé plus d’une centaine de jeunes leaders venus des différentes régions du pays, autour des enjeux de développement agricole, de gouvernance et de participation citoyenne.
Parmi les interventions marquantes de cette rencontre figure celle de Mr Kenaime Kangui, expert en éducation civique et en bonne gouvernance. Dans une communication axée sur « la gouvernance et l’implication des jeunes dans la prise de décision », il a insisté sur le rôle stratégique de la jeunesse dans la consolidation de la paix et la reconstruction socio-économique du pays.
Le PND 2024-2028 comme cadre structurant
Au cœur de son exposé, l’expert a mis en lumière le nouveau cadre de partenariat pays, notamment le Plan National de Développement (PND) 2024-2028. Selon lui, ce document stratégique encadre l’intégration des jeunes dans la gouvernance nationale à travers trois axes majeurs : la consolidation de la paix, la formation professionnelle et le renforcement des capacités.
« Les jeunes ne doivent plus être perçus comme de simples bénéficiaires des politiques publiques, mais comme de véritables acteurs de la reconstruction nationale », a-t-il souligné, mettant en avant leur rôle dans la cohésion sociale et la gestion des conflits locaux.
Des leviers concrets d’implication
Monsieur Kangui a détaillé plusieurs mécanismes permettant d’opérationnaliser cette vision.
En matière de consolidation de la paix, les jeunes sont impliqués dans des projets de médiation, de prévention des conflits et dans la mise en œuvre des accords de paix. Ils participent également aux programmes de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR), contribuant ainsi à la transformation durable des conflits.
Sur le plan institutionnel, le gouvernement, avec l’appui de l’Union africaine, œuvre au renforcement des capacités des organisations de jeunesse afin de les rendre aptes à participer aux processus décisionnels. Le Conseil consultatif de la jeunesse constitue à cet effet l’organe principal de dialogue entre l’État et les mouvements de jeunes. Il représente la jeunesse auprès des institutions nationales et internationales et prend part aux réflexions sur les politiques publiques.
Investir dans le capital humain
Le PND 2024-2028 accorde également une place centrale au développement du capital humain. L’éducation et la formation professionnelle sont présentées comme des leviers essentiels pour améliorer l’employabilité des jeunes et leur contribution au développement économique.
Dans cette dynamique, environ 10 500 jeunes diplômés ont été intégrés dans la fonction publique entre 2024 et 2025, traduisant, selon l’intervenant, une volonté politique d’offrir des opportunités concrètes à la jeunesse.
La participation électorale constitue un autre indicateur fort de cette implication. En 2025, près de 757 866 jeunes électeurs devraient prendre part au quadruple scrutin, confirmant leur poids démographique et politique dans le paysage national.
La jeunesse, moteur de la transformation numérique
Abordant la question de la modernisation de l’administration, Monsieur Kangui a évoqué le plan stratégique « Centrafrique Digitale 2025 », qui mise sur les jeunes pour catalyser la transformation numérique du pays. Ceux-ci sont appelés à devenir des acteurs clés du développement économique et administratif à travers l’innovation et les technologies.
Ce premier Forum national des jeunes sur l’agriculture marque ainsi une étape importante dans la reconnaissance institutionnelle du rôle stratégique de la jeunesse centrafricaine, appelée à s’affirmer comme un pilier incontournable de la stabilité et du développement durable du pays.
Bélisaire Dorval SAHOUL
