ONU Femmes, en partenariat avec le Ministère de la Promotion du Genre, de la Protection de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, l’Observatoire National de la Parité (ONP), l’Organisation des Femmes Centrafricaines (OFCA) et l’ICASEES, a lancé une formation de six jours dédiée à la collecte, au stockage et à l’analyse des données sensibles au genre.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet CRAF’D – Leveraging Gender Data in Crisis and Conflict Situations, qui vise à renforcer les capacités des organisations féminines en matière de production et d’exploitation des données dans des contextes fragiles.
L’objectif est d’améliorer la disponibilité, la qualité et l’utilisation stratégique des données de genre afin de soutenir la planification humanitaire, la réponse d’urgence, le relèvement post-crise ainsi que l’élaboration de politiques de paix plus inclusives.
Intervenant lors du lancement, Rachelle Djangone-Mian, représentante de l’agence onusienne en République centrafricaine, a souligné l’importance de ces outils dans la lutte contre les inégalités : « Les données de genre ne sont pas de simples chiffres, mais de véritables outils de justice sociale. Elles permettent de rendre visibles les inégalités que vivent les femmes et les filles, notamment dans des localités comme Obo, Zémio et Rafaï », a-t-elle déclaré.

La formation cible particulièrement les participantes issues de ces zones affectées par les crises, avec l’ambition de faire émerger des actrices capables de transformer les données locales en outils de plaidoyer et d’action.
De son côté, Clarisse Yakota, Directrice de Cabinet au Ministère de la Promotion du Genre, a réaffirmé l’engagement du Gouvernement centrafricain à promouvoir des politiques publiques fondées sur des données fiables et désagrégées : « Les données inclusives constituent un levier essentiel pour impulser une transformation sociale, économique et politique durable ».

Un levier essentiel pour la paix et le relèvement durable
En marge de cette formation, un atelier de réflexion a réuni partenaires techniques et financiers, organisations internationales et acteurs de la société civile autour de la problématique des données de genre dans les processus de relèvement du pays.
Placée sous le thème : « Quand les femmes et les filles disposent de services, de données et d’espaces sûrs, elles deviennent des actrices clés de la résilience, de la paix et du relèvement durable », la rencontre a permis de souligner le rôle déterminant de ces données dans la formulation de réponses adaptées aux crises.
Les partenaires, dont le CERF (Central Emergency Response Fund), le Complex Risk Analytics Fund (CRAF) et le gouvernement japonais, ont insisté sur la nécessité de renforcer la production, l’analyse et l’utilisation des données de genre.
Pour les participants, l’enjeu est clair : sans données fiables et désagrégées, les réponses humanitaires et les politiques publiques risquent de ne pas prendre en compte les besoins spécifiques des femmes et des filles.
Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et humanitaires persistants, la valorisation des données de genre apparaît ainsi comme un outil stratégique pour promouvoir l’égalité, renforcer la résilience des communautés et soutenir la consolidation de la paix en République centrafricaine.
Bélisaire Dorval SAHOUL
