Au lendemain de l’attaque ayant visé la localité d’Am Dafok, dans la préfecture de la Vakaga, plusieurs sources sécuritaires centrafricaines évoqueraient de possibles dysfonctionnements au sein du contingent zambien de la MINUSCA déployé dans cette zone sensible du nord-est de la République centrafricaine.
Selon ces sources, qui n’ont pas été corroborées de manière indépendante, certaines alertes opérationnelles n’auraient pas été prises en compte au cours des derniers mois. Cette situation aurait contribué à une dégradation progressive du dispositif sécuritaire dans une région régulièrement confrontée aux incursions de groupes armés opérant à proximité des frontières avec le Soudan et le Tchad.
Toujours d’après ces mêmes sources, des soupçons de compromissions impliquant certains éléments du contingent auraient circulé depuis plusieurs mois. Des allégations faisant état de fuites d’informations, de facilités de circulation accordées à des individus armés ou encore d’autres pratiques irrégulières auraient été signalées. À ce stade, aucune preuve rendue publique ne permet toutefois de confirmer ces accusations, qui n’ont pas fait l’objet d’une confirmation indépendante.
Des interrogations porteraient également sur la chaîne de commandement de la Force de la MINUSCA, dirigée par le général Humphrey Nyone. Certaines sources estimeraient que des informations sensibles en provenance de la Vakaga n’auraient pas été suffisamment prises en considération. Aucune déclaration officielle ne permet cependant, à ce stade, d’étayer ces affirmations.

L’attaque du 30 juin aurait également touché une position de la MINUSCA. Selon les informations communiquées par la mission onusienne, un Casque bleu aurait perdu la vie et plusieurs autres auraient été blessés lors de l’assaut. Les circonstances exactes de cette attaque et les motivations de ses auteurs demeureraient en cours d’établissement.
Au sein des milieux sécuritaires, certains observateurs estimeraient que ces événements devraient conduire à une évaluation approfondie du dispositif de la MINUSCA dans la Vakaga. Ils plaideraient pour qu’une enquête indépendante permette d’établir les faits, de déterminer d’éventuelles responsabilités individuelles et, le cas échéant, de formuler des recommandations afin de renforcer l’efficacité de la mission dans cette région.
À ce stade, ni la MINUSCA ni les autorités zambiennes ne se seraient publiquement exprimées sur les allégations évoquées par ces différentes sources. D’éventuelles investigations officielles devraient permettre de vérifier les faits et de faire toute la lumière sur les circonstances ayant précédé l’attaque d’Am Dafok.
Carolie FOUGUE, Birao
