La situation humanitaire demeure extrêmement préoccupante dans la préfecture du Haut-Mbomou, en particulier dans les villes de Zémio et d’Obo. La population civile, prise en étau entre les affrontements opposant les éléments de la milice Azandé Ani Kpigbé (AAKG) et les forces loyalistes, vit dans une précarité alarmante.
Fuyant les violences, de nombreuses familles ont trouvé refuge au sein de l’église catholique de Zémio. Face à cette urgence humanitaire, Caritas Centrafrique, avec l’appui de l’ONG SIRIRI, o.p.s. et de l’Ambassade de la République tchèque (Czech Embassy in Abuja), tente d’apporter une réponse immédiate aux besoins les plus pressants.
Zémio : distribution de vivres et de kits d’hygiène aux déplacés
Depuis le lundi 9 février 2026, Caritas a lancé une opération de distribution de vivres (riz, huile, sel, sucre, café, etc.) ainsi que de savon au profit des personnes déplacées de Zémio, durement affectées par le conflit en cours.
Selon Monseigneur Aurélio Gazzera, évêque du diocèse de Bangassou, cette assistance revêt un caractère vital au regard de la détérioration continue de la situation humanitaire dans la zone.
Contactée par téléphone, Maryam, déplacée vivant au sein de l’église catholique de Zémio, souligne l’importance cruciale de cet appui pour la survie de nombreuses familles réfugiées dans le diocèse : « Cet appui nous aide énormément. Sans cela, beaucoup de familles n’auraient rien à manger. »

Malgré cette aide, les besoins restent immenses et de nombreuses familles continuent de vivre dans des conditions extrêmement précaires. Une autorité locale, jointe au téléphone et ayant requis l’anonymat, estime que la sortie de crise passe impérativement par un dialogue entre le gouvernement et la faction AAKG afin de désamorcer les tensions persistantes.
Récemment, la milice Azandé Ani Kpigbé (AAKG) a adressé un mémorandum au Conseil de sécurité des Nations unies, revendiquant une médiation pour le dénouement du conflit qui l’oppose au gouvernement centrafricain. Ce mémorandum a été rapidement rejeté par le porte-parole du gouvernement, Maxime Balalou, qui l’a qualifié d’inacceptable et contraire aux principes de souveraineté de l’État. Il a réaffirmé l’engagement des autorités à œuvrer pour le rétablissement de la paix dans le Haut-Mbomou.
Dans l’attente d’une issue favorable, plusieurs otages, dont la sous-préfète de Bambouti ainsi que des éléments des Forces armées centrafricaines (FACA), demeurent toujours aux mains de la milice AAKG.
Belisaire Dorval SAHOUL
