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Le gouvernement centrafricain amorce une nouvelle étape dans la mise en œuvre du Programme du Corridor économique Bangui-Douala. L’unité de gestion du Projet PURIC et le ministère de l’Équipement et des Travaux publics ont organisé, la semaine dernière, des consultations préalables avec des entreprises potentielles du secteur des BTP, en prélude aux futurs appels d’offres.

Financé par la Banque mondiale à hauteur de 90 millions de dollars, ce programme ambitionne d’améliorer la circulation des personnes et des marchandises entre la République centrafricaine et le Cameroun.

Des consultations préalables avant le lancement des travaux

Le projet de réhabilitation du corridor économique Bangui-Douala entre progressivement dans sa phase préparatoire. L’unité de gestion du Projet PURIC, en collaboration avec le ministère de l’Équipement et des Travaux publics, a engagé des consultations sur l’engagement précoce des marchés avec des entreprises susceptibles de participer à la réalisation des travaux.

Ces échanges visent notamment à présenter les grandes orientations du programme, à informer les opérateurs économiques sur les travaux envisagés et à préparer les procédures de mise en concurrence.

Pour les autorités, cette démarche constitue une étape importante dans la préparation des futurs marchés publics, compte tenu de l’ampleur des infrastructures à réhabiliter et des enjeux économiques liés à cet axe routier.

L’objectif est de favoriser une meilleure compréhension des exigences techniques et contractuelles afin de permettre aux entreprises intéressées de se préparer aux appels d’offres dans les conditions requises.

Un programme de 90 millions de dollars pour désenclaver les localités

Porté conjointement par les gouvernements de la République centrafricaine et du Cameroun, avec un financement annoncé de 90 millions de dollars de la Banque mondiale, le Programme du corridor économique Bangui-Douala ambitionne de renforcer les échanges commerciaux et de faciliter la mobilité entre les deux pays.

Au-delà de la réhabilitation des routes, le projet entend contribuer au désenclavement de plusieurs localités, à la réduction des difficultés de transport et à l’amélioration des conditions de vie des populations riveraines.

La dégradation des infrastructures routières sur cet axe stratégique constitue depuis longtemps une préoccupation pour les transporteurs et les opérateurs économiques. Les difficultés de circulation peuvent ralentir l’acheminement des marchandises, compliquer l’approvisionnement des marchés et augmenter les contraintes liées au transport.

Le programme s’articule autour de cinq composantes : le renforcement des infrastructures et de la sécurité routière, la mise en place d’un système durable d’entretien du corridor, la promotion du développement économique inclusif, la facilitation du transport ainsi que l’appui institutionnel.

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Plusieurs centaines de kilomètres de routes concernés

Les travaux annoncés couvrent plusieurs sections routières stratégiques reliant notamment Baoro, Bossemptele, Yaloké, Bossembélé, Bouar et Bozoum

Selon les prévisions présentées, les interventions comprennent la construction de 80 kilomètres de route entre Baoro et Bossemptele, pour une durée estimée à 24 mois. La reconstruction des axes Bossemptele-Yaloké, sur 75 kilomètres, et Yaloké-Bossembélé, sur 69 kilomètres, est annoncée sur une période de 30 mois.

Le programme prévoit également des travaux d’urgence et des améliorations ponctuelles sur la section Bangui-Bossemptele, sur une durée de 15 mois, afin de préserver la continuité du trafic. À cela s’ajoute la réhabilitation d’environ 100 kilomètres entre Bouar et Bozoum, également prévue sur 15 mois.

La concrétisation de ces interventions pourrait améliorer sensiblement les conditions de déplacement sur les tronçons concernés. Elle devrait aussi contribuer à faciliter l’évacuation des produits agricoles, le transport des marchandises et les échanges entre les centres urbains et les zones rurales.

Toutefois, la réussite de ce programme dépendra autant de la qualité des ouvrages que du respect des délais contractuels et de la mise en place d’un dispositif efficace d’entretien des routes après leur réhabilitation.

Arthur Bertrand Piri appelle les entreprises au patriotisme

Pour le ministre d’État à l’Équipement et aux Travaux publics, Arthur Bertrand Piri, la réussite du programme repose également sur l’engagement des entreprises appelées à participer à sa réalisation.

Dans l’esprit de son intervention, le membre du gouvernement a insisté sur la responsabilité des opérateurs économiques, les invitant à considérer ces travaux comme une contribution directe au développement national et à l’amélioration des conditions de vie des populations : « Ce projet représente un enjeu majeur pour notre pays. Les entreprises qui seront retenues devront faire preuve de professionnalisme, de rigueur et d’un véritable esprit patriotique. Il ne s’agit pas seulement de construire des routes, mais de contribuer au désenclavement de nos localités, de faciliter les échanges et d’offrir de meilleures conditions de déplacement à nos concitoyens », souligne-t-il.

Le ministre met ainsi en avant l’importance d’une exécution responsable des travaux, dans un contexte où les attentes des populations restent particulièrement fortes concernant l’amélioration des infrastructures routières.

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Les transporteurs espèrent une amélioration durable du trafic

Sur le corridor Bangui-Douala, la dégradation des routes représente une difficulté quotidienne pour les professionnels du transport. Entre les ralentissements, les contraintes liées à l’état de la chaussée et les risques pour les véhicules, les déplacements peuvent devenir particulièrement éprouvants.

Brice Junior Mamakayen, conducteur sur cet axe, accueille favorablement l’annonce du programme, tout en appelant à une mise en œuvre sérieuse et effective : « Nous accueillons cette initiative avec beaucoup d’espoir, parce que ceux qui empruntent régulièrement le corridor savent combien l’état de la route peut compliquer le travail des conducteurs. Nous souhaitons que les travaux annoncés se réalisent réellement, dans les délais prévus et avec des matériaux de qualité. Il ne faudrait pas que les routes soient réhabilitées aujourd’hui pour se retrouver dans le même état quelques années plus tard »

Pour les transporteurs, l’enjeu dépasse la simple réfection de la chaussée. Il concerne également la sécurité des usagers, la régularité des déplacements et la possibilité d’acheminer les marchandises dans de meilleures conditions entre la Centrafrique et le Cameroun.

Un observateur camerounais insiste sur les garanties contractuelles

Du côté camerounais, Nelson Ndala Amougou, observateur de la vie sociale et politique, met l’accent sur la nécessité d’un encadrement rigoureux des entreprises qui seront sélectionnées.

Selon l’idée générale de son analyse, l’annonce d’un programme d’infrastructures ne suffit pas à garantir sa réalisation. Il estime que les autorités doivent veiller à l’existence de mécanismes de suivi et de contrôle permettant de s’assurer du respect des engagements pris par les entreprises attributaires : « Il est important que ce programme repose sur un cadre juridique et contractuel suffisamment solide. Les entreprises retenues doivent être soumises à des obligations claires concernant les délais, la qualité des travaux et les résultats attendus. Les autorités doivent également prévoir des mécanismes de contrôle et appliquer les dispositions contractuelles en cas de manquement. Les populations ont besoin de réalisations concrètes, et non de projets qui restent au stade des annonces », affirme-t-il.

Cette préoccupation souligne l’importance de la transparence dans l’attribution des marchés, du contrôle technique des chantiers et du suivi des travaux jusqu’à leur réception définitive.

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Entre attentes populaires et impératif de résultats

Le Programme du corridor économique Bangui-Douala suscite de fortes attentes en République centrafricaine, où l’amélioration des infrastructures routières demeure un enjeu majeur pour le développement économique et social.

En facilitant la circulation des personnes et des marchandises, la réhabilitation des axes concernés pourrait contribuer au désenclavement de plusieurs localités et au renforcement des échanges commerciaux entre les deux pays.

Mais pour les populations, les transporteurs et les opérateurs économiques, la véritable mesure du succès sera la concrétisation des engagements annoncés. Le respect des délais, la qualité des ouvrages, la transparence dans l’attribution des marchés et l’entretien régulier des routes seront déterminants.

Après les premières consultations avec les entreprises potentielles, la prochaine étape attendue reste celle des procédures de passation des marchés et du démarrage effectif des travaux. C’est à travers leur réalisation concrète que ce programme pourra répondre durablement aux attentes des usagers du corridor Bangui-Douala.

Bélisaire Dorval SAHOUL

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