
La présence de Davy Yama, ancien député du PUN et commissaire de l’Autorité Nationale des Élections (ANE), continue d’alimenter de vives interrogations au sein de l’opinion publique et de la classe politique. Pour de nombreux observateurs, son positionnement politique passé et ses relations connues avec Anicet-Georges Dologuélé font de lui un acteur loin d’être neutre dans un processus électoral censé reposer sur l’impartialité absolue des institutions.
Si aucune preuve formelle ne permet d’établir une subordination directe, Davy Yama est régulièrement perçu comme un relais politique, voire un “pion” stratégique de Dologuélé au sein de l’ANE, selon plusieurs analystes politiques interrogés. Cette perception s’appuie notamment sur son engagement antérieur au sein du PUN, formation politiquement proche des cercles gravitant autour de l’opposition radicale, ainsi que sur ses prises de position publiques souvent alignées avec les revendications portées par l’URCA.
Cette situation pose une question fondamentale : comment garantir la crédibilité d’un processus électoral lorsque certains de ses animateurs sont soupçonnés de connivences politiques avérées ?
C’est précisément cette interrogation que le ministre conseiller en Communication du Président de la République, Pius Ndjawe, a évoquée indirectement lors de sa conférence de presse du 16 décembre, en mettant en garde contre des “agissements internes visant à fragiliser la confiance des citoyens dans les organes électoraux”.
Pour le pouvoir, la figure de Davy Yama illustre un problème plus large : celui de la politisation rampante de certaines institutions indépendantes, à travers l’infiltration de profils dont la loyauté politique antérieure est difficilement compatible avec l’exigence de neutralité. Dans un contexte marqué par les souvenirs encore vifs de la crise post-électorale de 2020, ces soupçons prennent une dimension particulièrement sensible.
Ainsi, aux yeux de nombreux Centrafricains, Davy Yama apparaît moins comme un simple technicien électoral que comme un acteur engagé dans une stratégie politique plus globale, au bénéfice indirect d’Anicet-Georges Dologuélé. Une lecture qui, qu’elle soit fondée ou non, contribue à renforcer la défiance vis-à-vis des discours actuels de l’opposition appelant au report des élections.
