La Commission Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation (CVJRR) poursuit le renforcement des compétences de ses membres. Après un atelier consacré aux techniques de communication la semaine dernière, la Commission organise, du 20 au 22 octobre 2026, une nouvelle session de formation axée sur les techniques d’entretien sensible. L’initiative bénéficie de l’appui technique et financier de la Division des Droits de l’homme de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA).
Des représentants des organisations de la société civile et de l’Université de Bangui prennent également part à ces travaux, avec pour objectif de contribuer à l’amélioration de la stratégie de collecte et de traitement des témoignages dans le cadre du processus de justice transitionnelle en République centrafricaine.
L’entretien sensible, un outil essentiel pour la CVJRR
Lors des interventions d’ouverture, Sylvestre Pakabomba, coordinateur de la Division des Droits de l’homme de la MINUSCA, et Dr Henri Yenzapa, président de la CVJRR, ont souligné l’importance de cette formation pour la conduite des missions confiées à la Commission.
Pour Sylvestre Pakabomba, l’entretien constitue une technique fondamentale permettant aux commissaires d’interagir avec les détenteurs d’informations, notamment les victimes de violations graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire.
Cette démarche représente une étape importante dans la recherche de la vérité et la documentation des faits. Elle doit permettre à la Commission de recueillir des informations pertinentes afin de contribuer à l’établissement d’un rapport susceptible d’éclairer les souffrances vécues par les victimes et de soutenir le processus de réconciliation nationale.
Le coordinateur de la Division des Droits de l’homme de la MINUSCA a également insisté sur les attentes placées dans la CVJRR, tant par la population centrafricaine que par la communauté internationale. Il a ainsi mis en évidence la nécessité d’une approche rigoureuse, adaptée aux réalités des personnes interrogées.

Prévenir les traumatismes supplémentaires des victimes
Au cœur de cette formation figure la nécessité de conduire les entretiens dans le respect de la dignité, de la sécurité et de la sensibilité des personnes concernées.
La collecte de témoignages auprès de personnes ayant vécu des événements traumatisants constitue, en effet, un exercice délicat. Certaines victimes peuvent éprouver des difficultés à évoquer leur vécu, par crainte, méfiance ou en raison des conséquences psychologiques des violences subies.
Les techniques d’entretien sensible visent ainsi à aider les commissaires à instaurer un climat de confiance, à adapter leurs questions et à recueillir les informations nécessaires sans exposer les personnes interrogées à de nouveaux traumatismes.
L’enjeu est de garantir une démarche à la fois méthodique, respectueuse et conforme aux exigences de la justice transitionnelle.

Trois jours de réflexion autour des défis de la collecte des témoignages
Durant les trois jours de travaux, les participants sont appelés à approfondir plusieurs problématiques essentielles : quelles techniques privilégier pour faciliter les échanges avec les victimes et les témoins ? Quels moyens utiliser pour accéder aux informations recherchées ? Comment analyser et exploiter les données recueillies tout en préservant la dignité et les droits des personnes concernées ?
Ces échanges doivent contribuer au renforcement des capacités des commissaires et des autres acteurs impliqués dans le processus.
À travers cette initiative, la CVJRR entend consolider ses méthodes de travail afin de mieux répondre aux attentes des victimes et de la société centrafricaine. La qualité des témoignages recueillis, la protection des personnes interrogées et le respect des principes éthiques constituent des enjeux majeurs pour faire de la recherche de la vérité un levier de justice, de réparation et de réconciliation nationale.
Naomie BENGUE
