Des journalistes de Bangui et des représentants de radios communautaires venus de plusieurs préfectures de la République centrafricaine prennent part à un atelier de formation consacré à la prévention et à la protection contre l’exploitation et les abus sexuels en milieu professionnel. Organisée conjointement par la Fondation Hirondelle et l’UNICEF, cette session de trois jours vise à promouvoir un environnement de travail plus sûr et respectueux des droits de chacun.
L’atelier réunit des professionnels des médias appelés à jouer un rôle de premier plan dans la sensibilisation des populations sur cette problématique. À travers cette formation, les organisateurs souhaitent renforcer leurs connaissances sur les mécanismes de prévention, de signalement et de protection afin qu’ils puissent relayer des informations fiables au sein de leurs communautés.
Prenant la parole à l’ouverture des travaux, le Représentant résident de l’UNICEF en République centrafricaine, M. Félix Ackebo, a souligné l’importance du rôle des médias dans la lutte contre les violences et les abus. Selon lui, les journalistes disposent d’une capacité unique à informer, sensibiliser et favoriser des changements de comportements au sein de la société : « Les journalistes sont des acteurs incontournables dans la promotion des droits humains et la protection des personnes vulnérables. Grâce à leur proximité avec les communautés, ils peuvent contribuer à prévenir les abus, à informer les victimes sur leurs droits et à encourager une culture de responsabilité et de respect dans tous les milieux professionnels ».
Le représentant de l’UNICEF a également rappelé les principes fondamentaux de la politique de prévention de l’exploitation et des abus sexuels appliquée dans le secteur humanitaire. Il a insisté sur le caractère inacceptable de toute relation sexuelle obtenue en échange d’un service, d’une aide ou d’un avantage quelconque.
« Aucun bénéficiaire ne doit être contraint ou influencé à accorder des faveurs sexuelles pour accéder à une assistance ou à un service. Toute forme d’exploitation sexuelle constitue une violation grave des droits humains et va à l’encontre des valeurs que nous défendons. La tolérance zéro doit être une réalité dans toutes les organisations », a-t-il ajouté.

À travers l’organisation de cet atelier, la Fondation Hirondelle entend renforcer l’engagement des médias en faveur d’un environnement professionnel sain et respectueux. L’organisation estime que la presse peut jouer un rôle déterminant dans la prévention des comportements abusifs et dans la promotion de mécanismes efficaces de protection.
Pour le représentant de la Fondation Hirondelle, M. Ouboulé Abalo, la lutte contre l’exploitation et les abus sexuels passe notamment par le renforcement des mécanismes de dénonciation et la protection des victimes : « Il est essentiel que chaque institution dispose de mécanismes de signalement accessibles, confidentiels et efficaces. Les victimes doivent pouvoir dénoncer les faits sans crainte de représailles. De même, les professionnels des médias ont la responsabilité de traiter ces questions avec rigueur et professionnalisme afin de contribuer à la prévention de ce phénomène ».
Durant les trois jours de formation, les participants échangeront sur les concepts clés liés à la prévention de l’exploitation et des abus sexuels, les procédures de signalement ainsi que les stratégies de communication adaptées à ce sujet sensible. Les organisateurs espèrent qu’à l’issue des travaux, les journalistes deviendront de véritables relais de sensibilisation au sein de leurs rédactions et de leurs communautés.
« Nous comptons sur les médias pour porter ce message auprès de la population et contribuer à l’émergence d’une société où chaque personne est protégée contre toute forme d’exploitation ou d’abus », ont conclu les organisateurs.

Par cette initiative, la Fondation Hirondelle et l’UNICEF réaffirment leur engagement à promouvoir une culture de tolérance zéro face à l’exploitation et aux abus sexuels, tout en renforçant les capacités des acteurs des médias à participer activement à cette lutte en République centrafricaine.
Bélisaire Dorval SAHOUL
