Et si la République centrafricaine ne se contentait plus d’exporter ses richesses naturelles, mais choisissait de les transformer sur son propre territoire ? C’est l’ambition portée par Invest in Bangui, qui entend contribuer à l’émergence d’une véritable marque « Made in Centrafrique », fondée sur la valorisation locale des ressources et la création de valeur ajoutée.

Au cœur de cette démarche figure notamment l’or centrafricain. Pour les promoteurs du projet, cette ressource ne devrait pas être considérée uniquement comme une matière première destinée à l’exportation. Elle pourrait également servir de point de départ à la création d’une chaîne de valeur nationale, allant de la transformation à la commercialisation de produits finis.
De la matière première à la valeur ajoutée locale
Le concept défendu par Invest in Bangui repose sur une idée simple : transformer davantage les ressources produites en République centrafricaine afin que les retombées économiques bénéficient plus largement au pays. La transformation locale pourrait ainsi contribuer à créer des emplois, développer de nouvelles compétences et faire émerger des métiers spécialisés. Elle pourrait également favoriser la transmission des savoir-faire et renforcer progressivement l’expertise nationale.
« Made in Centrafrique » ne serait donc pas seulement une indication d’origine. Il s’agirait, selon cette vision, d’un modèle économique et social permettant de conserver une part plus importante de la valeur créée sur le territoire national.
Invest in Bangui affirme avoir développé une pièce d’or d’investissement frappée en République centrafricaine, à partir d’or provenant de la préfecture de la Sangha-Mbaéré. Selon les caractéristiques communiquées par le promoteur, cette pièce pèse 5,9 grammes et présente un titre de 22 carats, pour un prix de commercialisation annoncé de 450 000 FCFA. Au-delà de l’objet lui-même, le projet entend illustrer la possibilité de transformer une ressource locale en produit à plus forte valeur ajoutée directement en Centrafrique.
Cette initiative intervient dans un secteur où la formalisation, la traçabilité et la réglementation constituent des enjeux essentiels. La réussite d’une telle démarche dépendra notamment de la conformité aux règles applicables à l’exploitation, à la transformation, à la commercialisation et à la détention de métaux précieux.

La Sangha-Mbaéré au cœur de l’ambition
Pour les promoteurs du projet, la transformation locale doit avant tout profiter aux territoires qui produisent les ressources. La Sangha-Mbaéré est ainsi présentée comme l’un des territoires appelés à bénéficier de cette dynamique. L’objectif affiché est qu’une partie de la valeur créée puisse contribuer, directement ou indirectement, au développement local à travers l’emploi, la formation, les infrastructures et différentes initiatives à caractère social.
Cette approche pose une question centrale : à qui doit profiter la richesse produite par le territoire ? Pour Invest in Bangui, la réponse passe par la création d’une chaîne de valeur permettant aux populations locales de participer davantage aux retombées économiques de leurs ressources. L’enjeu est donc de dépasser le modèle dans lequel une matière première quitte le pays avec une faible transformation locale, pour aller vers un système dans lequel une partie croissante des opérations et des compétences reste en République centrafricaine.
L’autre dimension du projet concerne le potentiel de l’or comme instrument de diversification patrimoniale. L’or est traditionnellement considéré par les investisseurs comme un actif pouvant jouer un rôle de diversification. Invest in Bangui souhaite ainsi favoriser progressivement l’accès à des produits liés à l’or centrafricain, destinés aussi bien au marché national qu’à des investisseurs extérieurs.
Cette ambition suppose cependant un environnement réglementaire clair et une information transparente du public. La commercialisation d’un produit présenté comme un investissement doit notamment s’inscrire dans le respect des règles applicables et distinguer clairement la valeur du métal, le prix du produit fini et les éventuelles perspectives de rendement.
Vers une filière centrafricaine des métaux précieux ?
Au-delà de la première pièce, Invest in Bangui affiche une ambition plus large : contribuer à l’émergence d’un secteur centrafricain de fabrication de pièces et de produits en métaux précieux. Le projet entend notamment participer à la formation de jeunes Centrafricains aux métiers liés à l’or et aux autres métaux précieux, développer des compétences techniques et créer progressivement une expertise nationale.
À terme, l’objectif serait de positionner la République centrafricaine non seulement comme un pays producteur d’or, mais également comme un territoire capable d’en transformer une partie et de commercialiser des produits finis sur les marchés national, africain et international. Une telle évolution nécessiterait toutefois des investissements dans les infrastructures, la formation, la technologie, la certification, la traçabilité et la sécurisation de la chaîne d’approvisionnement.
Transformer les richesses en opportunités
L’initiative d’Invest in Bangui s’inscrit ainsi dans une réflexion plus large sur le modèle économique centrafricain. La question n’est plus seulement de savoir quelles ressources le pays possède, mais aussi quelle valeur il peut créer à partir de ces ressources. Dans cette perspective, l’or pourrait constituer un premier laboratoire pour expérimenter une approche fondée sur la transformation locale, la création d’emplois et le développement des compétences. Pour l’État, une filière formelle et correctement réglementée pourrait également représenter une source potentielle d’activités économiques et de recettes publiques, à condition que les mécanismes de contrôle, de traçabilité et de fiscalité soient suffisamment solides.
Le défi est donc considérable. Il s’agit de passer d’une économie principalement fondée sur l’exploitation et l’exportation des matières premières à une économie capable d’en capter davantage de valeur sur son propre territoire. C’est précisément le pari que souhaite porter Invest in Bangui : faire du « Made in Centrafrique » une réalité économique, en transformant les ressources du pays en produits, en emplois, en compétences et en opportunités.
Pour la République centrafricaine, l’enjeu dépasse ainsi la fabrication d’une pièce d’or. Il s’agit de savoir si une richesse extraite du sol centrafricain peut aussi contribuer à construire, en Centrafrique, une industrie, des savoir-faire et une nouvelle génération d’entrepreneurs.
