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La récente visite du Président du Portugal en République centrafricaine continue de susciter commentaires et interrogations au sein de l’opinion publique centrafricaine. Au centre des spéculations : la question d’une éventuelle extradition de Martin Joseph Figueira, ressortissant portugais et belge condamné par la justice centrafricaine.

Lors de sa conférence de presse hebdomadaire, le ministre conseiller et porte-parole de la Présidence, Albert Yaloke Mokpem, est revenu sur les enjeux de cette visite officielle. Selon lui, le déplacement du chef d’État portugais à Bangui s’inscrit exclusivement dans le cadre du renforcement de la coopération bilatérale entre les deux pays.

« La République centrafricaine et le Portugal sont liés par une histoire et un partenariat durable depuis plusieurs années. Ce n’est pas la première fois que son Président effectue une visite à Bangui », a rappelé le porte-parole.

Des speculations persistantes

Malgré ces précisions, plusieurs analystes politiques estiment que le dossier Figueira aurait pu être abordé en marge des discussions officielles. Certains observateurs avancent l’hypothèse d’un plaidoyer discret en faveur de son extradition, d’autant plus qu’une médiation aurait été engagée par la Belgique, pays dont le condamné possède également la nationalité.

Interrogé explicitement sur cette éventualité, Albert Yaloke Mokpem a fermement démenti : « Non, la visite du Président portugais à Bangui n’est pas destinée à plaider l’extradition de Martin Joseph Figueira. »

La position ferme des autorités centrafricaines

Le ministre conseiller en Communication a tenu à rappeler que Martin Joseph Figueira a été régulièrement jugé et condamné par les juridictions centrafricaines. Il a insisté sur le principe d’indépendance des institutions nationales et sur la souveraineté judiciaire de l’État centrafricain.

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« La RCA jouit de son autonomie et réitère l’indépendance de ses institutions, notamment le respect des décisions de justice », a-t-il souligné.

Arrêté à Zémio, dans la préfecture du Haut-Mbomou, en possession de plusieurs passeports, Martin Joseph Figueira a été reconnu coupable de financement du terrorisme, d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État, de tentative de coup d’État et d’association de malfaiteurs. Il a été condamné à dix ans de travaux forcés.

Un dossier diplomatiquement sensible

Si les autorités centrafricaines affirment que la visite présidentielle portugaise s’inscrivait exclusivement dans le cadre de la coopération bilatérale, le dossier Figueira demeure un sujet sensible dans les relations diplomatiques entre Bangui, Lisbonne et Bruxelles.

Pour l’heure, aucune démarche officielle d’extradition n’a été confirmée par les autorités centrafricaines. Mais au regard des enjeux diplomatiques et de la double nationalité du condamné, la question pourrait continuer d’alimenter les débats dans les semaines à venir.

Bélisaire Dorval SAHOUL

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