image bouar

Situés dans la préfecture de la Nana-Mambéré, à l’ouest de la République centrafricaine, les mégalithes de Bouar constituent l’un des plus importants sites archéologiques du pays. Ces monuments de pierre, érigés il y a plus de deux millénaires, témoignent d’un passé culturel et spirituel riche, longtemps méconnu.

À plusieurs kilomètres de la ville de Bouar, d’imposantes pierres dressées se détachent dans le paysage. Parfois disposées en cercles, parfois isolées, ces structures mégalithiques suscitent fascination et interrogations. Si certaines rumeurs populaires leur ont prêté une origine mystérieuse, voire extraterrestre, les recherches scientifiques sont formelles : ces monuments sont l’œuvre de populations anciennes ayant occupé la région.

Les études archéologiques estiment que ces mégalithes ont été érigés entre 500 avant notre ère et le premier millénaire de notre ère. Les fouilles menées sur le site indiquent qu’ils servaient principalement de monuments funéraires. Ils marquaient des sépultures ou des espaces sacrés associés au culte des ancêtres, pratique profondément ancrée dans les sociétés traditionnelles d’Afrique centrale.

Les pierres utilisées proviennent de carrières locales, ce qui atteste d’une parfaite connaissance de l’environnement et d’une maîtrise technique avancée. Leur transport, leur taille et leur mise en place supposent une organisation sociale structurée, capable de mobiliser une main-d’œuvre importante autour de projets collectifs à forte dimension symbolique.

Les mégalithes de Bouar s’inscrivent dans une tradition plus large de constructions mégalithiques observées dans plusieurs régions d’Afrique centrale. Toutefois, par leur densité et leur configuration, ils constituent un ensemble exceptionnel et unique en République centrafricaine. Leur classement au patrimoine mondial de l’UNESCO souligne leur valeur universelle et la nécessité de préserver ce patrimoine face aux menaces liées à l’érosion, aux activités humaines et au manque de moyens de conservation.

Au-delà de leur intérêt archéologique, ces monuments rappellent que le territoire centrafricain était déjà un espace de civilisation, de spiritualité et d’organisation sociale bien avant la période coloniale. Ils participent ainsi à la réhabilitation d’une histoire africaine ancienne, riche et autonome, dont les vestiges continuent de nourrir la recherche et la mémoire collective.

Correspondance Bouar : Jordan Kimba

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *