Au cours d’une conférence de presse conjointe organisée à Birao, le préfet de la Vakaga, le lieutenant-colonel Judes Ngayoko, et le chef du bureau de la MINUSCA à Birao, Amadou Moctar Diallo, ont dressé un état des lieux de la situation sécuritaire et humanitaire, tout en mettant en lumière les efforts entrepris pour protéger les populations civiles et renforcer la présence de l’État dans cette localité frontalière.
Intervenant par visioconférence depuis Birao, le préfet de la Vakaga a exprimé sa « profonde reconnaissance » à la MINUSCA pour son appui multiforme depuis le déclenchement de la crise. Selon lui, l’intervention de la Mission a été déterminante dans la protection des populations civiles, l’approvisionnement en eau potable, les évacuations médicales ainsi que l’acheminement de l’assistance humanitaire d’urgence.
Le lieutenant-colonel Judes Ngayoko a fermement condamné les attaques perpétrées contre Am-Dafock, qu’il a qualifiées d’« atteinte à la souveraineté de notre pays et à la sécurité de nos populations ». Il a réaffirmé la détermination du Gouvernement à défendre l’intégrité territoriale de la République centrafricaine et à rétablir durablement l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national. Il a également salué l’engagement des Forces armées centrafricaines (FACA) et de leurs alliés, dont les opérations ont permis de reprendre le contrôle de la zone et de stabiliser progressivement la situation sécuritaire.
Selon le préfet, les forces déployées poursuivent actuellement leurs patrouilles à Am-Dafock et dans les localités environnantes afin de prévenir toute nouvelle attaque, de rassurer les populations et de protéger les personnes ainsi que leurs biens.
Sur le plan humanitaire, les autorités reconnaissent que la situation demeure particulièrement préoccupante. Plus de 16 000 personnes déplacées internes sont installées à proximité de la base de la MINUSCA à Am-Dafock, tandis que plus de 2 000 autres ont trouvé refuge à Birao. Malgré plusieurs rotations aériennes ayant permis l’acheminement d’une assistance d’urgence grâce à la mobilisation de la MINUSCA et des partenaires humanitaires, les besoins restent considérables en eau potable, vivres, soins de santé, articles de première nécessité et services d’assainissement.

Le préfet a souligné que les groupes armés responsables des attaques ont incendié et pillé de nombreuses habitations, détruit des biens privés et emporté d’importants stocks alimentaires, aggravant davantage la vulnérabilité des populations. Face à cette situation, il a lancé un appel aux partenaires nationaux et internationaux afin qu’ils renforcent leur soutien aux personnes affectées.
Le lieutenant-colonel Judes Ngayoko a également estimé que les violences du 30 juin constituent une menace sérieuse pour les acquis de l’accord local de paix signé l’année dernière entre les communautés locales avec l’appui de la MINUSCA. Cet accord avait notamment permis une baisse des violences communautaires, une réduction des conflits liés à la transhumance, une amélioration de la libre circulation des populations et une reprise progressive des activités économiques. Toutefois, il a assuré que ces événements ne remettent pas en cause la volonté des autorités de poursuivre les initiatives de dialogue, de médiation et de réconciliation afin de consolider la paix, le vivre-ensemble et la cohésion sociale dans la région.
Prenant la parole, le chef du bureau de la MINUSCA à Birao, Amadou Moctar Diallo, a rendu hommage aux membres des Forces de défense et de sécurité, aux civils ainsi qu’aux Casques bleus tués lors de l’attaque du 30 juin, tout en souhaitant un prompt rétablissement aux blessés : « Cette attaque n’a épargné personne à Am-Dafock. Des forces de défense et de sécurité nationales aux civils, en passant par les Casques bleus des Nations Unies, tous ont été ciblés et victimes de cette attaque meurtrière ».
Le responsable onusien a indiqué que la réponse de la MINUSCA s’est articulée autour de trois priorités : la protection des civils, le soutien à l’autorité de l’État et l’assistance humanitaire.

Selon lui, les actions de la Mission ont permis d’assurer une protection effective à plus de 16 000 civils ayant trouvé refuge autour de sa base, évitant ainsi une attaque directe contre ces populations vulnérables. Il a également souligné que l’appui logistique et sécuritaire de la MINUSCA a permis au sous-préfet d’Am-Dafock de poursuivre ses activités administratives malgré les circonstances, tout en facilitant le déploiement rapide des FACA par voie aérienne après la reprise de la localité.
Amadou Moctar Diallo a par ailleurs indiqué que la Mission a assuré le transport aérien et la sécurisation d’une mission d’évaluation humanitaire conduite par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) et plusieurs organisations partenaires, permettant d’évaluer les besoins des milliers de déplacés internes et de renforcer l’assistance d’urgence, notamment en eau potable.
Réaffirmant que « Am-Dafock reste une grande priorité pour la MINUSCA », il a rappelé que l’installation de la base opérationnelle temporaire de la Mission en janvier 2024 avait favorisé le premier déploiement des FACA et des forces de gendarmerie dans cette zone frontalière. Il a également révélé que près de 300 millions de FCFA ont été investis au cours des deux dernières années dans des projets visant la protection des civils, le renforcement de l’autorité de l’État, la réduction des violences communautaires et le relèvement économique.
A la fin de cette conférence de presse, la MINUSCA a confirmé la récupération du véhicule blindé de transport de troupes (APC), endommagé lors de l’attaque du 30 juin alors qu’il effectuait une patrouille de protection des civils. Le véhicule a été rapatrié à l’intérieur de la base opérationnelle temporaire de la Mission à Am-Dafock.
À travers cette communication conjointe, les autorités centrafricaines et la MINUSCA ont voulu rassurer les populations sur la poursuite des opérations de sécurisation, tout en appelant à une mobilisation accrue des partenaires humanitaires pour répondre aux besoins croissants des personnes affectées par cette nouvelle crise dans la préfecture de la Vakaga.
