La Cour pénale spéciale (CPS) de la République centrafricaine a ouvert ce mercredi 28 janvier 2026, le dossier dit « Bossembélé ». La Chambre d’assises de cette juridiction hybride s’est officiellement saisie de cette affaire impliquant l’ancien président François Bozizé Yangouvonda, ainsi que plusieurs coaccusés, poursuivis pour crimes contre l’humanité.
Selon le communiqué publié par la CPS, les accusés, parmi lesquels figurent notamment Eugène Ngaïkosset, Vianney Semndiro et Firmin Junior Danboy, sont poursuivis pour des faits de meurtres, tortures, séquestrations, disparitions forcées, emprisonnements arbitraires et autres actes inhumains. Ces crimes auraient été commis entre 2009 et 2013, en lien avec les événements survenus notamment au Centre d’instruction militaire de Bossembélé, tristement surnommé « Guantanamo ».
Cette annonce a suscité une vive réaction de la famille de Charles Massi, ancien ministre de la République centrafricaine et président du parti Forum démocratique pour la modernité (FODEM), disparu depuis décembre 2009. Dans un communiqué rendu public à Dakar, la famille a indiqué avoir pris connaissance « avec une attention particulière » de l’ouverture de cette procédure judiciaire, qu’elle considère comme une avancée majeure vers la manifestation de la vérité.
Pour rappel, Charles Massi avait été arrêté en décembre 2009 après avoir été remis aux autorités centrafricaines par les autorités tchadiennes de l’époque. Depuis cette arrestation, il n’a plus jamais été revu vivant. Quinze ans après les faits, de nombreux témoignages concordants indiquent qu’il aurait été détenu au centre militaire de Bossembélé, où il aurait subi des actes de torture et de graves sévices ayant conduit à sa mort.
En dépit de l’absence de restitution officielle de sa dépouille, ces révélations ont profondément marqué la famille Massi, mais aussi l’opinion publique nationale et internationale : « Il s’agit d’une blessure ouverte pour notre famille et pour la République centrafricaine », souligne le communiqué, insistant sur la nécessité de faire toute la lumière sur les circonstances de cette disparition forcée.
La famille Massi a salué les efforts déployés par la justice centrafricaine et par la Cour pénale spéciale, créée pour juger les crimes les plus graves commis sur le territoire depuis 2003. Elle estime que la saisine de la Chambre d’assises dans l’affaire de Bossembélé constitue « une étape judiciaire majeure dans la quête de vérité, de justice et de reconnaissance des souffrances endurées par les victimes ».
Tout en réaffirmant sa confiance dans l’indépendance et le professionnalisme de la CPS, la famille dit nourrir l’espoir que les procédures engagées permettront d’établir les responsabilités pénales des auteurs et complices des crimes reprochés. Elle appelle enfin les autorités nationales et la communauté internationale à poursuivre leur soutien à la Cour pénale spéciale, afin que « nul crime ne demeure impuni et que la mémoire des victimes soit honorée ».
Bélisaire Dorval Sahoul
