À Bossangoa, dans le nord de la République centrafricaine, le climat électoral se tendrait à l’approche des prochaines échéances, sur fond d’allégations de dysfonctionnements et de pressions sur les électeurs.
Selon l’équipe de campagne de l’honorable Christiane Doraz Serefessenet, près de 2 000 cartes d’électeurs auraient disparu à la suite d’un acte de vandalisme visant le bureau du président local de l’Autorité Nationale des Élections (ANE). Cet incident soulèverait des interrogations quant à la sécurisation du matériel électoral et à la fiabilité du processus en cours.
Par ailleurs, un candidat recalé lors des législatives de 2025 serait accusé de poursuivre des activités politiques dans certains quartiers de la ville, en dehors du cadre réglementaire. Ces actions, si elles étaient avérées, pourraient constituer une entorse aux règles encadrant la période électorale.
D’autres éléments rapportés sur le terrain évoqueraient la distribution de fiches à plusieurs chefs de quartiers, visant à recenser des électeurs supposés favorables à un candidat identifié comme Guerson Nganadekoe. Une telle démarche pourrait, selon certains observateurs, porter atteinte au principe du secret du vote.
Dans le même temps, des témoignages feraient état de pressions et de menaces exercées, notamment par voie téléphonique, à l’encontre de chefs de quartiers ainsi que de femmes électrices. Certains de ces échanges auraient été enregistrés et seraient conservés par des acteurs locaux. Toutefois, ces éléments n’ont pas, à ce stade, fait l’objet d’une confirmation indépendante.
La circulation de messages vocaux dans des groupes WhatsApp contribuerait également à alimenter un climat de crainte parmi une partie de la population, en particulier chez les femmes, dont la participation électorale pourrait être affectée.
Face à cette situation, plusieurs voix appelleraient à une réaction rapide des autorités compétentes. L’Autorité Nationale des Élections serait notamment attendue pour faire la lumière sur ces incidents et prendre les mesures nécessaires afin de garantir la transparence du scrutin.
De son côté, la MINUSCA pourrait être sollicitée pour renforcer sa présence sur le terrain, dans le but de prévenir toute forme d’intimidation et de contribuer à la sécurisation du processus électoral. Des organisations de la société civile, dont ONU_Femmes, pourraient également intensifier leurs actions de sensibilisation, notamment en faveur de la participation des femmes.
Dans ce contexte, la situation à Bossangoa dépasserait le cadre local et poserait la question plus large de la crédibilité du processus démocratique en République centrafricaine, ainsi que de la capacité des institutions à garantir des élections libres, transparentes et inclusives.
