Par Ben-Wilson Ngassan (Éditorialiste)
Bangui le 17 février 2025, Alors qu’il conditionne sa candidature au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies au soutien direct de son pays ainsi qu’à un large consensus international, Macky Sall est, depuis quelque temps, au cœur d’un débat aussi passionné que raisonné à l’échelle continentale. Pour l’analyste Ben-Wilson Ngassan, l’actuel pouvoir sénégalais doit faire preuve de dépassement de soi afin de permettre à la diplomatie du Sénégal de briller à l’ONU. Tribune.
Face à un monde polytraumatisé, notamment du fait des crises russo-ukrainienne, israélo-palestinienne et rwando-congolaise, l’Afrique dispose d’une belle opportunité de rayonner à l’échelle mondiale. La candidature non encore déclarée de l’ancien chef de l’État sénégalais, Macky Sall, continue ainsi de raviver les débats de Dakar à Monrovia, d’Addis-Abeba à Brazzaville.
Une candidature et des querelles politiques internes
Selon de nombreux médias sénégalais, si l’ex-président Macky Sall ne fait pas mystère de son ambition de briguer le poste de Secrétaire général de l’ONU, il conditionne toutefois sa candidature au soutien explicite de son pays et à l’obtention d’un large consensus international. Toujours selon ces mêmes sources, l’ancien chef de l’État aurait même adressé une correspondance officielle à son successeur afin d’espérer bénéficier de ce précieux appui.
Or, jusque-là, le pouvoir sénégalais, aujourd’hui exercé par le duo Diomaye–Sonko, n’a pas officiellement donné suite à cette sollicitation. Tout porte cependant à croire que le soutien du Sénégal à une éventuelle candidature de Macky Sall pourrait se heurter à une forte adversité au sein d’une frange de l’opinion, notamment dans les rangs du PASTEF, où certains remettent en avant les dérives autoritaires reprochées au régime Sall pour tenter de disqualifier l’ancien président de cette probable course à la direction de l’ONU.
Faire preuve de dépassement pour faire rayonner la diplomatie sénégalaise
Même si l’on ne doit pas occulter les insuffisances de la gouvernance Sall, qui ont profondément marqué la société sénégalaise et suscité de vives critiques, il ne faut pas perdre de vue que la grandeur d’un homme d’État réside aussi dans sa capacité à faire preuve de dépassement de soi.
En l’espèce, au-delà des divergences politiques, la patrie doit demeurer au-dessus de toute considération partisane. L’intérêt supérieur de la nation devrait primer sur les querelles internes, surtout lorsqu’il s’agit de positionner le Sénégal sur l’échiquier diplomatique mondial.
Et pour l’Afrique ?
Pour le continent africain, voir un de ses fils accéder à la tête de l’ONU serait un motif de fierté, dans la lignée de figures telles que le Ghanéen Kofi Annan (1997–2006) et l’Égyptien Boutros Boutros-Ghali (1992–1996).
Affirmer cela ne relève ni de la complaisance ni d’un appel à la pitié en faveur de Macky Sall. Son parcours institutionnel parle pour lui : ancien Premier ministre du Sénégal, ancien président de l’Assemblée nationale, ancien président en exercice de l’Union africaine et ancien président de la République, chef de l’État du Sénégal. Autant d’expériences qui, aux yeux de certains observateurs, font de lui un candidat potentiellement crédible pour diriger l’ONU.
En définitive, tous les regards restent tournés vers les autorités sénégalaises. Elles devront garder à l’esprit que la vie politique est faite d’alternances et que nul n’est à l’abri des jugements de l’histoire. Faire preuve de hauteur et de dépassement pourrait, en l’occurrence, contribuer à renforcer l’image et l’influence diplomatique du Sénégal sur la scène internationale.
