Le ministre contrôleur général du secteur parapublic, Roméo Gribingui, est sorti de son silence à la suite d’accusations de fraude relayées sur les réseaux sociaux, l’impliquant dans un présumé détournement de fonds au sein de l’Office national de gestion des infrastructures sportives (ONASPORT).
Selon ces allégations, le membre du gouvernement aurait signé un document présenté comme déterminant dans une opération ayant permis à l’ancien directeur général de l’ONASPORT de détourner une somme de 10 millions de francs CFA. Les fonds en question auraient été versés par une société de distribution de carburant opérant en République centrafricaine, dans le cadre d’un partenariat avec ladite structure publique.
Dans une interview accordée à la presse, le ministre a fermement rejeté ces accusations, les qualifiant de « montage de toutes pièces » visant à ternir son image ainsi que celle de l’institution qu’il dirige. « Ces affirmations ne reposent sur aucun élément crédible et participent à une tentative de manipulation de l’opinion publique », a-t-il déclaré.
Face à la polémique, le ministre a annoncé avoir pris des mesures conservatoires. Une note signée en date du 13 mars 2026 ordonne le blocage du compte bancaire de l’ONASPORT, suspendant ainsi toutes les transactions financières de l’établissement. Cette décision vise à permettre aux services compétents de procéder à des vérifications approfondies.
Apportant des éclaircissements sur le fonctionnement du contrôle financier des entreprises publiques, Roméo Gribingui a rappelé les réformes engagées depuis 2022. Il a notamment évoqué le passage d’un système de contrôle a priori, nécessitant l’autorisation préalable de la Primature pour toute dépense, à un système de contrôle a posteriori, dans lequel les opérations sont vérifiées après leur exécution. Toutefois, il a précisé qu’un retour partiel au contrôle a priori a été instauré en 2023 pour certaines entités dont les organes de gouvernance étaient en fin de mandat.
Le ministre a également souligné que plusieurs institutions indépendantes, dont l’Inspection générale d’État, l’Inspection générale des finances et la Cour des comptes, interviennent dans la validation et le contrôle des opérations financières, garantissant ainsi la transparence du système.
Concernant les fonds incriminés, il a indiqué qu’un contrat existerait entre la société concernée et l’ONASPORT, stipulant que les paiements doivent être effectués directement sur le compte de l’établissement public. Il a toutefois précisé ne pas être en mesure de confirmer à ce stade si les 10 millions de francs CFA ont effectivement été versés, des vérifications bancaires étant en cours.
Réaffirmant son attachement à la transparence et à la bonne gouvernance, le ministre a invité les auteurs des accusations à apporter des preuves tangibles. En attendant les conclusions des investigations, cette affaire continue de susciter de vives réactions au sein de l’opinion publique.
Bélisaire Dorval SAHOUL
