Les membres du BRDC

La récente sortie médiatique de Martin Ziguélé, président du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) et porte-parole du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution du 30 mars 2016 (BRDC), n’a fait que confirmer l’état de profonde confusion politique dans lequel s’enlise une opposition désormais en perte de repères, de crédibilité et de vision stratégique.

Après des mois de silence, Mr Ziguélé revient dans l’espace public avec un discours sans surprise, marqué par la contestation systématique et l’absence criante de propositions alternatives. Cette prise de parole tardive intervient dans un contexte où le BRDC, créé pour combattre la nouvelle Constitution, a déjà subi un échec politique majeur.

Le BRDC s’était donné pour mission principale l’annulation de la nouvelle Constitution et la restauration de celle du 30 mars 2016. Or, en 2023, le peuple centrafricain s’est exprimé souverainement en faveur d’une nouvelle loi fondamentale, consacrant l’entrée du pays dans une nouvelle République. Ce choix populaire, clair et sans ambiguïté, a vidé le combat du BRDC de toute légitimité politique.

Malgré ce verdict démocratique, Martin Ziguélé et ses alliés ont refusé d’en tirer les conséquences. Au lieu d’un repositionnement stratégique ou d’une refondation politique, la plateforme a persisté dans une logique de confrontation, en totale déconnexion avec les réalités institutionnelles et les aspirations citoyennes.

Le boycott comme aveu d’impuissance

À l’approche des élections groupées du 28 décembre 2025, le BRDC, sous l’influence de ses leaders historiques, a multiplié les déclarations alarmistes, annonçant l’échec du scrutin avant même son déroulement. Incapable de mobiliser politiquement, la plateforme a finalement opté pour le boycott, abandonnant le terrain électoral et laissant l’un de ses membres, Anicet Georges Dologuélé, affronter seul l’épreuve des urnes.

Ce choix stratégique s’est avéré désastreux. En se retirant volontairement du processus, le BRDC s’est auto-exclu du jeu démocratique, renonçant de facto à toute légitimité pour contester les résultats.

Le paradoxe est total lorsque, après avoir déserté les urnes, Martin Ziguélé et le BRDC exigent l’annulation des élections qu’ils qualifient de « mascarade ». Une posture difficilement défendable : on ne peut réclamer l’annulation d’un scrutin auquel on a refusé de participer sans reconnaître une contradiction fondamentale.

Cette incohérence, devenue une constante dans la stratégie du BRDC, révèle une opposition davantage préoccupée par la contestation médiatique que par l’exercice réel du pouvoir ou la construction d’une alternative crédible.

Martin Ziguélé, figure d’une opposition à bout de souffle

Autrefois perçu comme un acteur politique majeur, Martin Ziguélé incarne aujourd’hui les limites d’un leadership usé, prisonnier d’un discours répétitif et tourné vers le passé. Son incapacité à renouveler le projet politique du MLPC et à fédérer au-delà d’un cercle restreint de contestataires illustre l’essoufflement d’une opposition qui peine à se réinventer.

À force de boycotts, de discours alarmistes et de refus du jeu institutionnel, Ziguélé et le BRDC ont contribué à leur propre marginalisation. Leur radicalisation n’a produit ni mobilisation populaire significative ni alternative politique crédible.

L’épisode des élections groupées du 28 décembre apparaît désormais comme un tournant. Il révèle un BRDC réduit à une posture de rejet permanent, incapable de s’inscrire dans une dynamique démocratique constructive. Dans une République fondée sur le suffrage universel, l’opposition se bâtit dans les urnes, non dans l’abstention organisée.

En persistant dans cette stratégie de la chaise vide, Martin Ziguélé et le BRDC prennent le risque de disparaître durablement du paysage politique centrafricain, laissant derrière eux l’image d’une opposition figée, incohérente et politiquement dépassée.

Bélisaire Dorval Sahoul

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