Dans une analyse publiée sur sa page Facebook, le Dr Odilon Maurice Ouakpo, docteur en droit, porte un regard juridique et économique critique sur la gestion de la crise consécutive à l’augmentation des prix des hydrocarbures en République centrafricaine. Il met notamment en cause le rôle de l’État dans la régulation du marché et les conséquences de cette situation sur les consommateurs et l’économie nationale.
Une crise économique au cœur du débat
Dans sa publication, le juriste s’interroge sur la légitimité de certaines prises de position concernant les interpellations de responsables de la société civile, estimant que les questions relevant de la justice doivent être traitées par les autorités compétentes : « Seul le procureur de la République est en mesure de se prononcer sur de tels sujets », écrit-il, avant de rappeler que les liens présumés évoqués dans cette affaire doivent être établis par des preuves et non par de simples affirmations.
Pour le Dr Odilon Maurice Ouakpo, ces controverses risquent de détourner l’attention de la question fondamentale : la situation économique du pays : « Il y a un fait, l’économie centrafricaine va mal », souligne-t-il, considérant que l’économie constitue le cœur même de la gouvernance d’un État.
L’État face à ses responsabilités économiques
Dans son analyse, le docteur en droit rappelle les trois grandes fonctions de l’État en matière économique : la réglementation, la production à travers les structures publiques ou parapubliques, et la consommation, notamment par les achats effectués auprès des opérateurs privés.
Il insiste particulièrement sur la nécessité pour l’État de garantir une réglementation efficace du marché, notamment à travers le respect des règles de la libre concurrence.
Selon lui, cette régulation doit permettre de protéger les consommateurs contre les pratiques susceptibles de déséquilibrer le marché, notamment les prix excessivement bas ou élevés, les ruptures de stock, les produits avariés, les ententes entre opérateurs et les situations de monopole abusif.
La hausse des hydrocarbures, un facteur de déséquilibre
Le Dr Odilon Maurice Ouakpo estime que l’augmentation répétée des prix des hydrocarbures peut avoir des répercussions importantes sur l’ensemble de l’économie nationale.
Il considère que cette hausse, lorsqu’elle entraîne une augmentation généralisée des coûts, peut fragiliser les consommateurs, décourager les investissements et affecter les recettes publiques ainsi que les perspectives de croissance.
Dans sa lecture de la situation, la responsabilité de l’État est particulièrement engagée lorsqu’il contribue, directement ou indirectement, à entretenir les déséquilibres du marché qu’il est censé réguler.
« L’économie centrafricaine est malade »
En conclusion, le juriste appelle à s’attaquer aux causes profondes de la crise plutôt qu’à ses seules manifestations. Il invite ainsi les responsables publics à privilégier une réponse structurelle aux difficultés économiques du pays.
« À tout prendre, ne cassons pas le thermomètre mais soignons la fièvre », écrit-il, avant de formuler une critique particulièrement sévère de la gouvernance économique : « L’économie centrafricaine est malade et l’agent pathogène s’appelle l’État. »
Il termine sa réflexion par une formule qui résume sa position : « Les mauvais danseurs accusent toujours leurs pantalons. »
À travers cette prise de position, le Dr Odilon Maurice Ouakpo remet au centre du débat public la question de la régulation économique, du pouvoir d’achat des Centrafricains et de la responsabilité des pouvoirs publics face à la hausse des prix des hydrocarbures.
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