oim 1

La République centrafricaine entend renforcer ses mécanismes de protection et d’assistance aux victimes de la traite des personnes et aux survivantes de violences basées sur le genre (VBG). Du 15 au 17 septembre 2026, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), en partenariat avec l’Unité mixte d’intervention rapide et de répression des violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants (UMIRR), organise à Bangui un atelier consacré à la validation des procédures opérationnelles standard (SOP). Soutenue financièrement par l’Union européenne, cette rencontre vise à harmoniser les mécanismes d’identification, d’orientation, de protection et de prise en charge des victimes.

L’objectif principal de cet atelier est d’offrir aux différents acteurs un cadre harmonisé et opérationnel permettant d’améliorer le référencement et l’accompagnement des victimes de traite des personnes et des survivantes de VBG. La validation de la procédure opérationnelle standard doit ainsi permettre aux acteurs concernés de disposer d’un guide commun pour apporter une réponse plus cohérente, humaine et efficace aux personnes victimes d’exploitation, d’abus et de violences.

La rencontre rassemble notamment des représentants des institutions judiciaires et sécuritaires, des agences des Nations Unies, des organisations de la société civile ainsi que des partenaires intervenant dans le domaine de la protection.

À travers cette initiative, l’OIM et l’UMIRR souhaitent également renforcer la collaboration entre les institutions nationales et les partenaires techniques et financiers afin d’améliorer l’assistance et l’orientation des victimes.

Lina Josiane Bemaka Soui insiste sur l’importance des données

À l’ouverture des travaux, la ministre de l’Action humanitaire, Lina Josiane BEMAKA SOUI, a souligné l’importance de disposer de mécanismes efficaces pour garantir une prise en charge adaptée aux victimes.

Selon la ministre, chaque victime doit pouvoir être écoutée et bénéficier d’une assistance appropriée. La protection, l’accompagnement des victimes et des survivantes ainsi que la qualité de leur prise en charge doivent demeurer au cœur des interventions.

La ministre a également mis l’accent sur la nécessité de redynamiser la base de données de l’UMIRR. La mise à jour de la feuille de route consacrée à cette base constitue, selon elle, un outil stratégique pour résoudre les difficultés liées à l’accès aux informations : « Aucun programme ou stratégie ne peut être pleinement efficace sans des données fiables et accessibles », a-t-elle fait valoir.

Pour la ministre, une base de données fonctionnelle permettrait non seulement de mieux comprendre l’ampleur des violences basées sur le genre et des phénomènes liés à la traite des personnes, mais aussi de guider les décisions, d’adapter les interventions et de mettre à la disposition des partenaires des informations essentielles à une action concertée.

La validation de la procédure opérationnelle standard constitue donc, à ses yeux, une étape importante pour renforcer le travail avec les partenaires techniques et financiers et améliorer les interventions en faveur des victimes.

oim 2

De son côté, Olivier BOGUET, nouveau Chef de coopération à la Délégation de l’Union européenne en République centrafricaine, a relevé les nombreuses vulnérabilités auxquelles le pays reste confronté. Selon lui, les déplacements de populations, l’insécurité, la pauvreté et le manque d’accès aux services de base constituent des facteurs qui accentuent les risques auxquels sont exposées les populations vulnérables.

Les crises successives ont entraîné le déplacement d’environ 500 000 personnes, principalement des familles. Entre juin et août 2023, près de 59 % des personnes déplacées internes auraient rapporté des situations de travail forcé dans l’agriculture.

Les femmes et les filles demeurent particulièrement exposées à ces formes d’exploitation et de violences. En 2023, 311 cas de mariage forcé ont notamment été rapportés, représentant 64 % des cas enregistrés, selon les données présentées lors de l’atelier. Ces chiffres illustrent, selon les participants, la nécessité de renforcer les mécanismes de prévention, d’identification et de prise en charge des victimes.

Une réponse centrée sur les droits et la dignité des victimes

La traite des personnes demeure l’une des formes les plus graves de violation des droits humains. Elle touche différentes régions du monde et affecte particulièrement les femmes, les enfants et les personnes en situation de vulnérabilité.

En République centrafricaine, le phénomène peut se retrouver étroitement lié aux violences basées sur le genre. Les victimes sont susceptibles d’être confrontées à différentes formes d’exploitation, d’abus et de violences, ce qui exige une réponse institutionnelle coordonnée et adaptée.

Dans ce contexte, les procédures opérationnelles standard doivent permettre aux acteurs de mieux identifier les victimes, de les orienter vers les services appropriés et de leur garantir une assistance respectueuse de leurs droits et de leur dignité.

Belise SEREMALET

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *