La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), en partenariat avec la Fédération des Associations des Femmes Entrepreneurs de Centrafrique (FAFECA), a commémoré ce samedi la Journée internationale Nelson Mandela à la Maison correctionnelle pour femmes de Bimbo. Une célébration placée sous le thème mondial « Il est encore entre nos mains de lutter contre la pauvreté et les inégalités », retenu cette année par les Nations Unies.
Au-delà de la commémoration, cette initiative visait à rappeler que les femmes privées de liberté demeurent titulaires de leurs droits fondamentaux et qu’elles doivent bénéficier d’un accompagnement favorisant leur réinsertion sociale et économique. La journée a été marquée par des échanges, des messages de sensibilisation, des remises de dons symboliques ainsi qu’un plaidoyer en faveur du renforcement des programmes de formation professionnelle destinés aux détenues.
Prenant la parole au nom de la FAFECA, Mme Prudence Kette, a souligné que cette activité s’inscrit dans la mission de son organisation de promouvoir l’autonomisation des femmes, quelles que soient leurs conditions de vie : « Une erreur ne doit jamais condamner une femme à perdre toute perspective d’avenir. Notre présence aujourd’hui traduit notre conviction que chaque détenue mérite une seconde chance. En leur donnant accès à des formations et à des activités génératrices de revenus, nous leur permettons de préparer leur retour dans la société avec dignité ».
Selon elle, la lutte contre la pauvreté passe également par la réinsertion des personnes en conflit avec la loi, notamment les femmes, souvent confrontées à une double vulnérabilité.
De son côté, la représentante de la Division des droits de l’homme de la MINUSCA a rappelé que l’esprit de la Journée Nelson Mandela invite les États et les partenaires à promouvoir la dignité humaine, y compris au sein des établissements pénitentiaires : « Nelson Mandela a passé vingt-sept années en détention sans jamais renoncer à ses idéaux de justice et de réconciliation. Son héritage nous rappelle que les prisons doivent être des lieux de réhabilitation et non d’exclusion. Les femmes détenues conservent leurs droits fondamentaux et doivent bénéficier d’un accompagnement qui facilite leur réinsertion une fois leur peine purgée ».
Elle a également encouragé les partenaires nationaux à poursuivre leurs efforts afin d’améliorer les conditions de détention et de développer davantage de programmes d’alphabétisation, de formation professionnelle et d’appui psychosocial.
Touchées par cette marque de solidarité, plusieurs détenues ont exprimé leur gratitude tout en attirant l’attention sur les difficultés auxquelles elles restent confrontées au quotidien.
« Nous remercions la MINUSCA et la FAFECA de ne pas nous oublier. Ces visites nous redonnent de l’espoir. Toutefois, nous souhaitons que nos conditions de vie s’améliorent davantage, notamment en matière d’alimentation, de soins de santé et de formation professionnelle. Nous voulons sortir d’ici avec un métier qui nous permettra de subvenir aux besoins de nos familles », a témoigné l’une des pensionnaires de la maison correctionnelle.
Instituée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2009, la Journée internationale Nelson Mandela est célébrée chaque 18 juillet en hommage à l’ancien président sud-africain et à son engagement en faveur de la paix, des droits humains, de la justice sociale et de la réconciliation. Elle invite chaque citoyen à consacrer du temps au service de sa communauté afin de contribuer à bâtir une société plus juste et plus inclusive.
El Rey
