À Ngola Abattoir, un quartier populaire situé dans la commune de Bégoua, le marigot Ngola change de visage pendant la saison sèche. Là où l’eau dominait il y a quelques mois, on retrouve aujourd’hui des dizaines de jeunes à l’œuvre, les pieds dans la boue, en train de fabriquer des briques artisanales.
Sous un soleil ardent, ces jeunes extraient l’argile du lit asséché du marigot, la mélangent à l’eau, puis la moulent à la main. Alignées au sol, les briques sèchent avant d’être vendues pour la construction. Pour beaucoup, cette activité représente une source de revenus essentielle face au manque d’emplois.
Brice, un jeune Briquetier : « C’est grâce à ça que je mange », confie un jeune briquetier rencontré sur place
Mais derrière cette débrouillardise se cachent des risques importants. Le creusement anarchique du sol laisse des trous dangereux, exposant surtout les enfants à des accidents. Avec le retour des pluies, ces fosses peuvent se remplir d’eau et devenir des pièges mortels.
L’activité n’est pas sans conséquences sur la santé. L’eau stagnante favorise la prolifération des moustiques, augmentant les cas de paludisme dans le quartier. À cela s’ajoute la fumée issue de la cuisson des briques, qui pollue l’air et affecte les habitants.
Sur le plan environnemental, l’exploitation du marigot contribue également à la dégradation des sols et à la destruction de la végétation. La coupe du bois nécessaire à la cuisson accentue la déforestation. Entre survie économique et risques pour la communauté, les jeunes de Ngola Abattoir se retrouvent face à une réalité difficile. Sans alternatives, ils continuent d’exploiter le marigot, malgré les dangers.
Ce phénomène pose ainsi la question urgente de l’encadrement de cette activité et de la mise en place de solutions durables pour protéger à la fois les populations et leur environnement.
Neige Delphin Houlson
