À l’occasion des activités du mois de mars consacrées à la promotion des droits des femmes, l’ONG ATD Quart Monde a effectué, mercredi 11 mars 2026, une visite d’échange avec les femmes détenues à la Prison centrale de Bimbo. Cette initiative visait à recueillir leurs préoccupations et à évaluer le respect de leurs droits fondamentaux.
Organisée en prélude aux activités liées à la Journée internationale des droits des femmes, cette rencontre s’inscrit dans les actions menées par l’organisation en faveur de la dignité humaine et de la justice sociale. Les responsables de l’ONG ont profité de cette visite pour échanger directement avec les détenues afin de mieux comprendre leurs conditions de vie et les difficultés auxquelles elles font face au quotidien.
Au cours des discussions, plusieurs préoccupations majeures ont été exprimées par les femmes incarcérées. Parmi celles-ci figure la question du droit de visite. Les détenues ont expliqué que les visites familiales, autrefois autorisées quatre fois par semaine, auraient été réduites à deux fois. Une situation qui, selon elles, complique davantage leur quotidien, car elles dépendent largement de leurs proches pour l’approvisionnement en nourriture et en produits de première nécessité.
Les femmes détenues ont également évoqué la question de la détention prolongée sans jugement. Certaines affirment être incarcérées depuis plusieurs mois sans avoir été informées clairement des raisons de leur détention ou sans avoir comparu devant un tribunal : « Certaines d’entre nous ont été arrêtées puis transférées directement en prison sans jugement. Il y a des femmes qui sont ici depuis six ou sept mois, voire plus, sans audience », ont-elles confié lors de la rencontre.

Un autre problème soulevé concerne l’absence de suivi judiciaire des dossiers. Selon plusieurs témoignages, certaines détenues n’ont jamais été convoquées devant un juge depuis leur incarcération. D’autres affirment que la durée réelle de leur détention dépasse parfois largement les peines prévues : « Il arrive que des peines de cinq ans deviennent huit ou neuf ans, simplement parce que les dossiers ne sont pas suivis correctement », ont-elles déploré.
Face à ces différentes préoccupations, Olga Tusala, volontaire permanente au sein de l’ONG ATD Quart Monde, a expliqué que cette visite avait pour objectif principal d’écouter les femmes détenues et de mieux comprendre leur situation : « Cette initiative vise avant tout à écouter ces femmes et à comprendre leur réalité, surtout dans ce mois dédié aux droits des femmes ».
Elle a également précisé que l’organisation entend vérifier si les droits fondamentaux des détenues sont respectés conformément aux lois en vigueur en République centrafricaine : « Nous allons mener un plaidoyer afin que la situation de chacune soit réexaminée. Parmi ces femmes, certaines peuvent être accusées à tort tandis que d’autres ont commis des infractions. Après les audiences, il faudra voir celles qui peuvent bénéficier d’une libération », a-t-elle ajouté.
À l’issue de cette visite, l’ONG ATD Quart Monde a lancé un appel aux autorités compétentes afin qu’elles accordent une attention particulière aux délais de détention et au suivi régulier des dossiers judiciaires des prisonnières. L’organisation espère que ces préoccupations permettront d’améliorer les conditions de détention et de garantir un meilleur respect des droits des femmes incarcérées.
Jerda Diana DERAN
