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Bâtiment jugé vétuste, installations électriques apparentes, présence de mineurs, soupçons de trafic de stupéfiants, caméras de surveillance jusque dans les toilettes et témoignages d’agressions sexuelles. Derrière l’ambiance festive du snack-bar HTK2, très fréquenté par la jeunesse de Bangui, plusieurs pratiques inquiétantes sont dénoncées par des clients et des sources internes. Notre rédaction a mené une enquête par immersion pour comprendre ce qui se passe réellement dans cet établissement.

Inauguré il y a quelques mois après une réhabilitation, le snack-bar HTK2 s’est rapidement imposé comme l’un des lieux de divertissement les plus populaires de Bangui. Situé dans un quartier très animé de la capitale, l’établissement attire chaque week-end de nombreux jeunes venus écouter de la musique, consommer des boissons et profiter d’une ambiance festive.

Mais derrière cette apparente atmosphère de détente, plusieurs témoignages recueillis sur place évoquent une réalité bien différente.

Un bâtiment réhabilité mais aux normes contestées

Le snack-bar est installé dans un bâtiment construit il y a plusieurs années et qui présenterait aujourd’hui des signes de dégradation avancée. La réhabilitation récente aurait été réalisée essentiellement avec des structures en bois. À l’intérieur, certaines zones ressemblent à des étages improvisés, superposés dans un espace relativement réduit. Selon plusieurs observateurs, cette configuration pourrait poser des problèmes de sécurité en cas de forte affluence.

Autre élément préoccupant : le système de câblage électrique. De nombreux fils servant à l’alimentation et à la sonorisation restent visibles et ne semblent pas toujours correctement isolés.

Une salle de contrôle et un dispositif de vidéosurveillance étendu

À l’intérieur du bâtiment se trouve une pièce appelée « chambre de contrôle ». Dans cet espace sont installés plusieurs écrans permettant de suivre en temps réel les images captées par les caméras de surveillance disposées dans l’établissement. Ces caméras couvriraient l’intérieur et l’extérieur du snack-bar.

Mais selon une source ayant eu accès à ce dispositif, certaines caméras seraient également installées dans les toilettes réservées aux femmes, une pratique qui soulève de sérieuses questions sur le respect de la vie privée des clientes.

Témoignages d’agressions et présence de mineurs

À l’entrée du snack, des stands proposent la vente de préservatifs. Plusieurs clients s’interrogent sur l’usage qui en est fait dans un lieu pourtant très fréquenté par des adolescents.

Au cours de notre enquête, nous avons recueilli le témoignage d’une adolescente d’environ 14 ans, habitante du quartier Benz-VI dans le 5ᵉ arrondissement de Bangui. Pour protéger son identité, nous l’appellerons Aïcha.

Elle raconte avoir vécu une expérience traumatisante lors de sa première visite dans l’établissement : « J’étais allée pour la première fois dans ce snack un samedi du mois de février pour l’anniversaire de ma grande sœur. À l’entrée, l’ami du copain de ma sœur m’a attrapée et a demandé au vendeur de lui donner un paquet de préservatifs. Je pensais qu’il allait l’utiliser chez lui. Une fois à l’intérieur, nous avons bu plusieurs bouteilles de bière et la musique était très forte. Comme il n’y avait pas assez de lumière, il m’a serrée par derrière. Quand je me suis retournée, il avait déjà mis le préservatif et baissé ma culotte. J’ai fait signe à un agent de sécurité, mais l’homme lui a donné 1 000 FCFA en disant que j’étais déjà saoule. L’agent est reparti. »

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Selon d’autres témoignages recueillis sur place, plusieurs jeunes filles disent avoir subi du harcèlement ou des tentatives d’agressions sexuelles dans l’établissement. Certaines affirment également que des agents de sécurité faciliteraient parfois le contact entre des clients et des jeunes filles en leur demandant leurs numéros de téléphone.

Soupçons de chantage à partir d’images filmées

Notre source infiltrée au sein de l’équipe de surveillance affirme que certaines images captées dans les toilettes seraient utilisées pour identifier des clientes.

Selon cette source, certaines personnes profiteraient des enregistrements pour tenter d’identifier les victimes sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, grâce à des recherches inversées. Dans certains cas, les images seraient ensuite utilisées pour exercer des pressions ou des tentatives de chantage, avec des menaces de diffusion des vidéos ou des photos si les victimes refusent de payer.

Un circuit de vente de stupéfiants

L’enquête a également permis de recueillir plusieurs témoignages évoquant la présence d’un trafic de substances illicites autour du snack-bar. Selon certaines sources, des produits tels que le tramadol, le « Vegas », le « 9.2 » ou encore du cannabis seraient vendus à certains clients, parfois même à des adolescents.

Un consommateur explique : « Il suffit d’avoir de l’argent. À l’entrée, quelqu’un peut te mettre en contact avec une personne qui t’apporte ce que tu veux. »

Boissons périmées et produits de mauvaise qualité

Une serveuse travaillant dans l’établissement affirme que certaines boissons énergétiques et alcoolisées servies aux clients seraient parfois périmées : « Plusieurs paquets de Vody que nous servons aux jeunes sont périmés. Comme ils consomment sous l’effet de l’alcool, ils ne regardent pas la date », explique-t-elle. Elle ajoute également que certaines bouteilles de bière rouillées continueraient d’être servies aux clients afin d’éviter des pertes financières.

Le propriétaire reste silencieux

Malgré plusieurs tentatives de contact, le propriétaire du snack-bar HTK2 n’a pas répondu à nos sollicitations pour donner sa version des faits. Nos demandes d’interview sont restées sans réponse jusqu’à la publication de cette enquête.

Cette enquête reste ouverte et pourrait donner lieu à d’autres révélations dans les prochaines semaines.

Une réflexion sur “ Centrafrique : le snack-bar HTK2, lieu de divertissement ou zone de dérives ? ”

  1. Merci de nous informer, une enquête est ouverte pour tirer des conclusions sûr cette affaire.

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