La résidence d’écriture cinématographique « Écrire à Bangui », initiée par l’association Le Ti Beafrika, a officiellement lancé sa quatrième édition dans la capitale centrafricaine. Prévue du 1er au 15 septembre 2026, cette initiative ambitionne de contribuer à la construction d’une véritable base pour le développement du cinéma en République centrafricaine et d’offrir davantage d’opportunités aux jeunes talents du pays et de la sous-région.

Réunis autour d’un même objectif, celui de raconter des histoires africaines à travers le cinéma, plusieurs jeunes passionnés et porteurs de projets prennent part à cette nouvelle édition. Des participants venus de la République centrafricaine, du Cameroun, du Gabon, de la République du Congo et de la République démocratique du Congo bénéficient d’un cadre d’apprentissage, de création et d’échanges autour de l’écriture scénaristique.
D’un atelier à une résidence d’écriture
Au fil des années, « Écrire à Bangui » a connu une évolution importante. Initialement conçu comme un atelier d’écriture, le projet s’est progressivement transformé en une véritable résidence cinématographique.
Cette nouvelle approche permet un accompagnement plus approfondi des participants. La résidence s’étend désormais sur une durée d’une année, avec quinze jours de travaux en présentiel, complétés par un accompagnement et des échanges en ligne durant les autres mois. Pour les organisateurs, cette évolution répond à la nécessité de suivre les jeunes auteurs sur une période plus longue afin de leur permettre de développer convenablement leurs projets.
L’objectif ne se limite donc plus à organiser quelques jours de formation, mais consiste à accompagner les participants dans la maturation de leurs idées et la construction progressive de leurs scénarios.
Poser les bases d’un cinéma centrafricain
À travers « Écrire à Bangui », l’association Le Ti Beafrika souhaite contribuer à l’émergence d’un véritable écosystème cinématographique en République centrafricaine. Le projet entend notamment poser les bases du développement du cinéma centrafricain, dans un contexte où les jeunes passionnés du 7ᵉ art disposent encore de peu d’espaces de formation et d’accompagnement.
Pour les promoteurs de cette initiative, le potentiel existe. La République centrafricaine regorge d’histoires, de traditions, de réalités sociales et d’expériences humaines qui peuvent nourrir la création cinématographique. Encore faut-il donner aux jeunes créateurs les moyens de transformer ces histoires en projets structurés.

« Écrire à Bangui » veut ainsi offrir aux participants une opportunité de développer leurs compétences et de faire émerger de nouveaux projets cinématographiques.
La quatrième édition de la résidence ne concerne pas uniquement les jeunes Centrafricains. Elle s’ouvre également aux talents de plusieurs pays d’Afrique centrale, notamment le Gabon, le Cameroun, la République du Congo et la République démocratique du Congo.
Intervenant sur le processus de sélection des participants, Âgée Daniel Doumaï, coordonnateur financier de Le Ti Beafrika, a expliqué que les candidats ne sont pas choisis au hasard.
Selon lui, la sélection commence plusieurs mois avant le lancement de la résidence : « Les candidats sont choisis à travers un appel à candidatures lancé au mois de mars. Cela nous permet d’identifier les jeunes qui ont des projets et qui souhaitent véritablement s’investir dans l’écriture et le cinéma ».
Le manque d’accompagnement local, un défi majeur
Si l’initiative poursuit son chemin et connaît aujourd’hui sa quatrième édition, son financement reste néanmoins un défi important.
Selon Âgée Daniel Doumaï, l’absence d’une véritable politique locale d’accompagnement des initiatives culturelles et cinématographiques oblige souvent les organisateurs à se tourner vers l’extérieur pour mobiliser les ressources nécessaires : « Par manque de politiques locales capables d’accompagner durablement ce type d’initiative, nous sommes souvent obligés de chercher des financements et des partenaires à l’extérieur », a-t-il regretté.
Une situation qui, selon les promoteurs du projet, démontre la nécessité d’accorder davantage d’attention aux industries culturelles et créatives.
Pour eux, investir dans la formation et l’accompagnement des jeunes artistes représente également un investissement dans l’avenir culturel et économique du pays.
