Pis, elle trouve une opposition nette chez certains responsables politiques qui incarnent l’aile dure de Pastef. Sans mettre de gant, le député Guy Marius Sagna, comme le Directeur exécutif d’Amnesty Sénégal, Seydi Gassama, y voient même une trahison à leurs « martyrs ».
Pour Dr Demba Guèye, enseignant-chercheur à l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) et spécialiste de l’analyse du discours, interrogé par L’OBS, la question place le pouvoir face à une équation particulièrement délicate, où les enjeux politiques internes pourraient peser autant que les considérations diplomatiques. De surcroît, un soutien difficilement acceptable pour une partie de la base. Selon Dr Guèye, la principale difficulté réside dans la perception que pourrait avoir l’opinion, en particulier la base militante du Pastef. Il rappelle que les relations entre l’ancien régime et ce parti ont été marquées par des tensions profondes, des arrestations, des violences et des pertes en vies humaines, laissant un contentieux encore vif dans les mémoires.
Un choix à double tranchant
Demba Guèye souligne, en effet, que ne pas soutenir une candidature africaine, surtout si elle est portée par l’Union africaine, pourrait avoir des incidences diplomatiques. Il note que Macky Sall conserve des relations avec de nombreux chefs d’État et que le Sénégal pourrait se retrouver en décalage avec certains partenaires, si une position divergente était adoptée. Dans cette perspective, la décision apparaît comme un couteau à double tranchant, chaque option comportant des coûts politiques ou diplomatiques.
Sonko pourrait compliquer davantage la gestion politique du dossier
Selon lui, dans l’opinion publique, le poids politique d’Ousmane Sonko et l’image d’un Premier ministre parfois perçu comme indépendant pourraient conduire certains à lui attribuer directement les décisions prises, même lorsqu’elles relèvent formellement de la compétence présidentielle.
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