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Le procès relatif aux violences survenues dans la localité de Guen, dans l’ouest de la République centrafricaine, s’est poursuivi cette semaine devant la Cour pénale spéciale (CPS) avec l’audition d’un nouveau témoin à charge.

Il s’agit de Ngombo Yaya, originaire de Berbérati, qui résidait à Gadzi au moment des faits survenus entre 2013 et 2014. Après avoir prêté serment de dire la vérité, le témoin a livré une déposition détaillée sur le contexte sécuritaire ayant précédé et accompagné les attaques perpétrées dans la zone.

Un contexte sécuritaire fragile avant l’arrivée des groupes armés

Selon le témoin, avant l’arrivée de la coalition Séléka, la ville de Gadzi disposait d’une présence sécuritaire limitée, composée d’un gendarme et d’un policier, chargés d’assurer des patrouilles entre Gadzi et le village de Guen.
L’arrivée des éléments de la Séléka aurait profondément perturbé la vie quotidienne des populations, instaurant un climat de peur et de désordre. Le témoin a notamment évoqué l’autorité exercée par un chef Séléka identifié sous le nom de Sart, présenté comme régnant sans partage sur la zone.

Toujours selon la déposition, le départ des forces de sécurité régulières a laissé le champ libre aux Séléka, qui auraient érigé des barrières à l’entrée de Guen, imposant le paiement de 1 000 francs CFA aux passants. Des cas de pillages, visant principalement la communauté musulmane, ont également été signalés.

Attaques des anti-balaka le 1er février 2014

Le témoin est ensuite revenu sur l’entrée des anti-balaka à Guen, survenue le samedi 1er février 2014 aux environs de 9 heures, affirmant que ces milices étaient dirigées par Edmond Beina.
Il a indiqué que les habitants jugés physiquement aptes étaient soumis à un rituel dit de « vaccination », les assimilant de force au mouvement anti-balaka. Cette période aurait été marquée par des pillages de commerces, des violences sexuelles, ainsi que par des exécutions sommaires.

Ngombo Yaya a affirmé qu’au moins trente personnes auraient été tuées dès le premier jour de l’attaque et enterrées dans une fosse commune située à proximité de la mosquée de Guen.

Position du parquet spécial

Réagissant à cette déposition, le procureur spécial Alain Tolmon a soutenu les propos du témoin, estimant que celui-ci avait vécu directement les faits. Il a présenté Edmond Beina comme un leader influent et charismatique, se croyant au-dessus de toute autorité à Gadzi, et a indiqué que les éléments versés au dossier tendent à établir sa responsabilité pénale.

Un procès suivi avec attention par les populations

Ce procès, particulièrement attendu par les habitants de Gadzi et de Guen, se poursuit dans un climat globalement serein, malgré quelques perturbations liées à des coupures d’électricité récurrentes. Les audiences se poursuivront avec l’audition d’autres témoins dans les prochains jours.

Bélisaire Dorval Sahoul

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