La hausse des prix des produits pétroliers reste au cœur des préoccupations en République centrafricaine. Alors que cette évolution pèse sur le quotidien des ménages, le gouvernement défend les mesures prises et appelle à des échanges dans le respect du cadre républicain. La question a été abordée jeudi 8 octobre à Bangui, lors de la présentation du bilan des cent premiers jours du Gouvernement de la Stabilisation et de la Transformation, dirigé par le Premier ministre Félix Moloua.
Face à la presse, le ministre d’État chargé de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement, Dr Évariste Ngamana, a également insisté sur la nécessité pour l’exécutif de rendre compte de ses actions devant la population.
Le 1er juillet 2025, le Premier ministre Félix Moloua présentait sa politique générale devant l’Assemblée nationale, à l’issue de laquelle le gouvernement a obtenu un vote de confiance. Cent jours après cet engagement, l’exécutif entend revenir sur les actions entreprises, les résultats obtenus et les difficultés rencontrées.
Pour présenter ce bilan, le gouvernement a mis en place un dispositif de communication comprenant notamment un documentaire consacré aux réalisations des différents secteurs, ainsi que des éditions spéciales diffusées sur la Télévision centrafricaine et la Radio nationale.
« Pour marquer ces 100 jours, le gouvernement a mis en place un dispositif inédit : un documentaire bilan, secteur par secteur, sur les principales actions engagées et les résultats obtenus. Des éditions spéciales diffusées sur la Télévision Centrafricaine et la Radio Nationale pour que chaque Centrafricain, de Bangui à Birao, puisse comprendre l’action gouvernementale », a déclaré Dr Évariste Ngamana.
Le porte-parole a souligné que cet exercice ne devait pas se limiter à la présentation des réalisations gouvernementales. Il doit également permettre aux citoyens de faire entendre leurs préoccupations et leurs critiques : « Informer, c’est aussi écouter. Rendre compte, c’est aussi accepter la contradiction », a-t-il insisté.
La hausse du carburant, une préoccupation majeure
Au-delà du bilan des cent premiers jours, le gouvernement a abordé la hausse récente des prix des produits pétroliers, dont les conséquences se font ressentir sur les dépenses des ménages, les coûts du transport et le pouvoir d’achat.
L’exécutif dit comprendre les inquiétudes suscitées par cette évolution. Pour l’expliquer, il évoque les tensions sur les marchés internationaux de l’énergie et la hausse des cours du pétrole brut.
Selon les explications avancées par le gouvernement, l’État prenait en charge depuis plusieurs années une part importante du coût réel du carburant à travers des subventions. Cette charge serait devenue difficilement supportable pour les finances publiques, contraignant les autorités à prendre des mesures destinées à préserver les équilibres budgétaires.
Le gouvernement appelle par ailleurs la population à la vigilance face aux fausses informations qui, selon lui, pourraient alimenter les tensions et servir des objectifs de déstabilisation.
Le débat public reconnu, dans le respect de la loi
Face aux interrogations suscitées par la hausse des prix, Dr Évariste Ngamana a rappelé que la contestation et le débat public font partie de la vie démocratique. Il a toutefois insisté sur la nécessité de les inscrire dans le respect des lois et de l’intérêt général : « La contestation et le débat public sont légitimes dans une République. Mais elles doivent s’exprimer dans le respect de la loi, de l’ordre républicain et de l’intérêt général », a-t-il déclaré.
Cette prise de position intervient alors que la hausse du carburant suscite des inquiétudes au sein de la population. Le gouvernement affirme privilégier le dialogue avec les acteurs de la société civile, dans un contexte marqué par les préoccupations liées au coût de la vie.
Des avancées dans plusieurs secteurs prioritaires
Dans son bilan, l’exécutif met également en avant des actions engagées dans plusieurs domaines, notamment la stabilisation, la gouvernance publique, les infrastructures, l’énergie, l’éducation, la santé, l’économie, la promotion de la production nationale et le renforcement des services publics.
Le ministre d’État a néanmoins rappelé que les cent premiers jours ne constituaient qu’une étape dans la mise en œuvre du programme gouvernemental. L’exécutif entend ainsi rendre compte de ses engagements, tout en reconnaissant les contraintes économiques et sociales auxquelles le pays demeure confronté.
La hausse des prix du carburant reste toutefois l’un des principaux sujets de préoccupation. La poursuite du dialogue avec la société civile apparaît dès lors comme un enjeu important pour permettre aux différentes parties d’échanger sur les conséquences de cette mesure et les réponses susceptibles d’être apportées aux difficultés exprimées par la population.
Naomie BENGUE
