La direction du Centre de Référence et de Traitement de la Drépanocytose (CRTD) a formellement rejeté les accusations de népotisme, de mauvaise gestion financière et de détournement des moyens logistiques portées à son encontre dans une enquête publiée récemment par la Radio Sewa sur les réseaux sociaux.
Intitulée « Centrafrique : le naufrage éthique et financier du Centre de Référence de la Drépanocytose », cette publication met en cause la gouvernance de l’établissement dirigé depuis 2018 par le docteur Lorna Telma Guilelo. L’enquête évoque notamment une gestion jugée opaque, des recrutements présumés fondés sur des liens personnels, l’utilisation à des fins privées de l’ambulance du centre, ainsi que des tensions croissantes avec des associations de la société civile et certains partenaires financiers.
Selon la Radio Sewa, ces dysfonctionnements auraient entraîné une perte de confiance de plusieurs acteurs impliqués dans la lutte contre la drépanocytose en République centrafricaine.
Dans un droit de réponse transmis à la presse, la directrice du CRTD dénonce toutefois des « allégations mensongères et infondées », reposant, selon elle, sur des témoignages anonymes et dépourvus de preuves vérifiables.
« Les accusations portées contre ma personne et contre l’institution sont graves, mais elles ne s’appuient sur aucun élément factuel susceptible d’en démontrer la véracité », affirme le docteur Lorna Telma Guilelo.
La responsable du centre explique que les tensions évoquées dans l’enquête trouvent leur origine dans ses relations avec l’association de la diaspora centrafricaine « Aimons Globine », qui a effectué plusieurs dons ponctuels au profit du CRTD.
Selon ses explications, certains produits remis par cette association auraient été périmés ou non conformes aux normes requises pour leur administration aux patients. La direction indique avoir décidé de ne plus réceptionner ces dons afin de préserver la sécurité sanitaire des bénéficiaires.
« Je ne pouvais pas cautionner une pratique susceptible de compromettre la santé de nos compatriotes », souligne la directrice, qui estime que cette décision a suscité des incompréhensions et alimenté les critiques à son encontre.
Le CRTD précise par ailleurs qu’aucun accord formel de partenariat n’a été signé avec l’association « Aimons Globine » et affirme que son unique partenaire officiel demeure la Fondation Pierre Fabre.
Concernant les accusations de népotisme et de favoritisme, la direction assure que les recrutements et les collaborations au sein de l’établissement respectent les procédures administratives en vigueur et s’effectuent sous le contrôle des autorités compétentes.
« Aucun rapport officiel, aucune inspection administrative ni aucun audit n’a établi l’existence de pratiques de favoritisme au sein de l’établissement », indique le droit de réponse.

La direction rejette également les allégations relatives à une utilisation privée de l’ambulance du centre, affirmant que les moyens logistiques du CRTD sont exclusivement affectés aux missions de service public.
S’agissant des ruptures de stocks de médicaments évoquées dans l’enquête, le CRTD reconnaît l’existence de difficultés ponctuelles d’approvisionnement, tout en soulignant qu’elles résultent de contraintes structurelles et financières qui affectent l’ensemble du système de santé centrafricain.
Tout en réaffirmant son engagement en faveur de la prise en charge des patients drépanocytaires, la direction du centre se dit disposée à accueillir toute mission d’évaluation, d’audit ou de contrôle diligentée par les autorités compétentes.
À ce stade, les accusations formulées dans l’enquête de la Radio Sewa n’ont fait l’objet d’aucune confirmation officielle par les autorités sanitaires. Aucun rapport indépendant ou audit public n’a été communiqué pour corroborer ou infirmer les faits allégués.
Dans ce contexte, plusieurs observateurs appellent à la mise en place d’un cadre de dialogue entre le CRTD, le ministère de la Santé, les associations de patients et les partenaires techniques afin de garantir la transparence de la gouvernance et la continuité des soins.
Au-delà de la controverse, l’enjeu demeure la prise en charge des milliers de patients atteints de drépanocytose en République centrafricaine, dans un contexte marqué par des défis sanitaires et logistiques persistants.
La Rédaction
