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À peine ouverte, l’audience consacrée à l’affaire opposant M. Gilles Ionel Ngouandjika devant le Tribunal de Grande Instance de Bangui (TGIB) a été renvoyée au 4 juin prochain, à la suite d’une demande formulée par la défense.

Poursuivi pour des faits présumés d’injures publiques et de diffamation à l’égard des femmes, l’ancien consul honoraire de Roumanie en République centrafricaine devait comparaître ce jeudi devant la juridiction compétente. Toutefois, dès l’ouverture de l’audience, la défense a soulevé une exception de procédure, estimant que les conditions d’un procès équitable n’étaient pas réunies.

Selon Me Kevin Junior Zakou Wangui, conseil de l’accusé, son client n’aurait reçu la citation à comparaître que dans la soirée précédant l’audience, soit moins de vingt-quatre heures avant sa présentation devant le tribunal : « Dans le cadre d’une procédure pénale à citation directe, toute personne poursuivie doit disposer d’un délai raisonnable pour préparer sa défense et réunir les éléments nécessaires à sa comparution », a soutenu la défense à la barre.

L’avocat a également soulevé une seconde préoccupation relative au principe d’équilibre des parties, affirmant que la partie civile disposerait d’une équipe importante d’avocats tandis que la défense ne compterait que deux conseils : « Un tel déséquilibre entre les parties peut soulever des interrogations sur les garanties d’un procès pleinement équitable ».

Après échanges contradictoires entre les parties et examen des arguments avancés, le tribunal a décidé de renvoyer l’affaire au 4 juin prochain, afin de permettre la poursuite de la procédure.

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À l’issue de l’audience, Me Marie Edith Douzima, l’une des avocates de la partie civile, a indiqué devant la presse que la défense exerçait légitimement ses prérogatives procédurales, tout en exprimant sa surprise quant aux arguments soulevés : « Le dossier a été transmis au greffe depuis le 3 mai et les parties étaient informées de la tenue de cette audience. La défense est dans son rôle, mais nous prenons acte de cette demande de renvoi », a-t-elle déclaré.

L’avocate a néanmoins estimé que le report à une date rapprochée constituait un élément favorable à la célérité judiciaire : « L’essentiel pour la partie civile était d’éviter un renvoi trop éloigné dans le temps, qui risquerait de ralentir la procédure », a-t-elle ajouté.

Pour rappel, cette affaire trouve son origine dans plusieurs vidéos diffusées ces derniers mois sur les réseaux sociaux, dans lesquelles M. Ngouandjika aurait tenu des propos jugés offensants envers des femmes centrafricaines. Ces déclarations avaient suscité de vives réactions, notamment de la part de la Fédération des Associations des Femmes Entrepreneures de Centrafique, qui y voit une atteinte à la dignité et à l’image des femmes.

Le contexte de cette controverse renvoie également à la cérémonie d’investiture du président Faustin-Archange Touadéra, organisée le 30 mars dernier, au cours de laquelle la présence d’hôtesses venues du Cameroun avait alimenté des débats dans l’opinion publique.

À ce stade, les faits reprochés demeurent examinés par la justice, et le renvoi de l’audience ne préjuge en rien de la décision qui sera rendue sur le fond du dossier.

Bélisaire Dorval SAHOUL

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