Alors que, selon la tradition républicaine, sa démission était attendue au lendemain de la prestation de serment du Président de la République, près d’une semaine après, Félix Moloua maintient son fauteuil de chef du gouvernement. Une situation qui ne manque pas de commentaires dans les milieux urbains et diplomatiques.
L’actuel locataire de l’immeuble PETROCA a-t-il reçu le feu vert du Président de la République pour poursuivre sa mission à la tête du gouvernement ? La question ne cesse d’alimenter le débat politique, alors que l’opinion s’attendait à la traditionnelle démission du Premier ministre et de son équipe après la cérémonie d’investiture du Chef de l’État.
« Le gouvernement doit continuer le travail »
« Lors du dernier Conseil tenu jeudi, le Président de la République a indiqué au collège des ministres que nous devons continuer le travail », confie un membre du gouvernement actuellement en fonction. « Jusqu’ici, nous ne savons pas encore quand le gouvernement sera démis, ni si nous serons reconduits de manière tacite », ajoute la même source.
Cependant, difficile de cerner la position du Président de la République sur cette question. Un flou qui interroge jusque dans les milieux diplomatiques réputés proches du pouvoir : « Même nos partenaires russes, traditionnellement mieux informés des changements politiques majeurs, peinent à cerner l’énigme autour de cette affaire », nous confie une source réputée proche de la majorité présidentielle.
Ce témoignage illustre le verrouillage de l’information opéré par l’actuel locataire du Palais de la Renaissance au sujet de la prochaine reconfiguration politique.
Un statu quo qui dérange au plus haut point
Cependant, le statu quo actuel suscite de vives critiques au sein de l’opinion à Bangui : « Même si aucun texte légal n’oblige l’actuel Premier ministre à démissionner, il importe que le Président de la République clarifie rapidement la situation afin de lever toute ambiguïté », confie un diplomate en poste à Bangui.
« Le discours de rupture tenu par le Président de la République lors de sa prestation de serment contraste sérieusement avec ce flottement concernant le gouvernement post-investiture. Le peuple s’attend à du sang neuf pour dynamiser l’action publique », tranche sévèrement un acteur de la société civile lié au GTSC.
En attendant, la posture de l’actuel Premier ministre sonne-t-elle déjà comme le premier faux pas de la 7e République ?
La Redaction
